Trophée Craig Harrison 2012 – Feedback de Fred

Situation trop connue … que celle d’être devant cette feuille blanche, à rassembler les souvenirs pour tenter de recréer et de décrire les douleurs, les espoirs et les désespoirs ressentis dans ce genre d’aventure.
En effet, après le TCH 2011, le brevet eXtreMilSim 2012, l’OP Griffe Noire, le Cheyenne Tactical Event 2012 et le Challenge Concord 2012, j’ai eu la chance cette année de participer à de grandes OP airsoft axées vers le tir de précision, l’infiltration et l’orientation/navigation en milieu hostile, dans un esprit noble et intelligent.
Avec le trophée Craig Harrison 2012, la boucle est bouclée, retour à la case départ … non sans appréhensions. Il y’a un an, lors du trophée 2011, j’avais du abandonner.

Retex du trophée Craig Harrison 2012 :

Mon emport a bien évolué durant cette année, j’ai réussi à optimiser le matériel dont je dispose en me séparant non sans mal des objets que l’on prend au cas où .. Au final, il reste de quoi manger et de quoi avoir chaud. C’est tout.
La météo des jours précédents l’OP est catastrophique, fortes précipitations et rafales de vent. Sebastos, l’organisateur et président de Languedoc Roussillon Milsim Airsoft, nous annonce un terrain très gras, voir franchement boueux par endroits. Je décide de ne pas prendre de Camel Back, juste une gourde filtrante, pariant sur une grosse présence de flaques d’eau de pluie, voir de pluie tout court. De plus, je connais un peu les lieux et certains points d’eau me reviennent en tête. Ne pas prendre 4l d’eau, c’est économiser 4kg sur l’emport.
Je m’équipe en vêtements de pluie. J’opte pour un pantalon étanche que je porterais sous mon BDU Vegetato. Pour le reste, il y’a le poncho (Vegetato lui aussi) à boutons pressions, qui pourra éventuellement servir pour faire un tarp.

31 octobre 2012 : je prends la route vers le sud de la France pour rejoindre Bouchbi, mon acolyte pour ce Trophée Craig Harrison 2012.
A Tours, j’embarque Lonewolf et Rosen pour covoiturer. L’ambiance est bonne, on discute et la route défile. Cette nuit, nous dormirons tous à Cahors pour partir frais et dispo vers Puivert. L’OP débutera le soir vers 19h.

Et c’est dans une voiture chargée à bloc que nous atterrissons sur le parking du camping municipal de Puivert, point de rassemblement des binômes snipers ce jeudi 1er novembre, jour de la Toussaint.
On y retrouve des têtes connus, Alumyx, Blackout, Mossy, Mino, Groquik, Renan, Karl, Loky, Jack, Belette, David.. et bien sur les 3 orgas, Sébastos, Oliva et Safari.

Je retrouve Bouchbi qui s’équipe tranquillement.

A ce stade, nous ne savons pas grand chose de ce qui nous attend. Nous savons juste que l’OP débutera en tenue civile et sans répliques, et que la 1ere phase consistera à rejoindre notre barda.
Chacun a préparé pour cette 1ere phase un sac neutre avec des objets imposés par les règles, comme une carte de la région, une boussole, des encas…

Sebastos nous rappelle les règles d’engagement, elles sont simples et bien comprises. Nous disposons de 3 jetons pour le binôme complet, à chaque fois que l’on se fait sortir, on perd un jeton. Il faut disposer au minimum d’un jeton pour prétendre effectuer le tir final, objectif de la mission.

Il commence alors à nous appeler par binôme, les uns après les autres. Notre tour arrive, il nous attribue une lettre, nous serons Delta. Il nous remet de faux papiers d’identité ainsi qu’une carte de presse où figure notre faux nom.

Il nous indique l’emplacement de notre 1er contact qui nous fournira des infos sur la localisation de nos sacs.
Puis nous montons en voiture avec lui.
Au bout de quelques minutes, il nous dépose à l’entrée du village de Nebias, devant une croix.
C’est le top départ du trophée Craig Harrison 2012.

Rapidement, Bouchbi et moi nous repérons sur la carte. La route à suivre est en face de nous, c’est parti. Bouchbi prend en charge la navigation. Nous arrivons dans le labyrinthe vert, que nous traversons sans trop d’hésitations, malgré la pluie qui a commencé à tomber.. Notre contact se trouve à la Borde de Brezilhou.

Les salamandres nous indiquent gentiment la route à suivre.

Vers 21h, nous atteignons le contact qui nous chambre sur notre retard. Il nous explique que nos sacs sont dans une camionnette qui se trouvera à un point 1 de 21h à 22h, puis à un point 2 de 22h à 23h. Les coordonnées qu’il nous fournit sont fausses, il manque des chiffres, il n’arrive pas à se relire.
Finalement, nous regardons sur sa carte, et repérons les points 1 et 2. Nous repartons immédiatement. La pluie fine commence à nous brouiller les protections oculaires.
Nous tentons un azimut brutal à travers une forêt de buis. Cette idée ne fut pas la plus lumineuse de la soirée. Nous manquons de rester bloqués dans ce taillis touffus (grosse pensée pour Renan). Nous parvenons à nous en extraire et nous arrivons finalement au point 2 pour récupérer nos sacs.
C’est Safari qui est le chauffeur de la camionnette à bord de laquelle se trouvent nos sacs et répliques.

Il nous offre l’arrière de son fourgon pour nous changer, un vulgaire carré de 40cm sur 30… Pas facile d’enlever un jean mouillé et de mettre 3 couches de fringues thermiques dans un endroit aussi exigu.. Mais les vêtements secs et chauds sont un réconfort non négligeable.

L’Infiltration de Camp Bonnaure :

Safari nous indique que le prochain contact (qu’il nomme l’Aubergiste) sera joignable dans Camp Bonnaure entre minuit et 2h du matin.
Voila qui me rappelle de bons souvenirs, l’infiltration de Camp Bonnaure lors du TCH 2011 reste sûrement mon meilleur souvenir en airsoft, un exemple d’immersion parfaite.
Vers 1h du matin, nous arrivons proche de Camp Bonnaure. J’avais repéré l’an dernier un endroit parfait pour se poser au sec et confortablement, dans un lieu-dit nommé Bouzigues, un hangar rempli de monticule de copeaux de bois, haut de plusieurs mètres. Nous passons à coté de 2 sacs à peine cachés derrière un muret de ciment. Nous décidons de gravir le monticule de copeau et de nous poser au somment pour faire le point avant l’infiltration de Camp Bonnaure.
A ce moment, un équipe de plastrons passent à proximité du hangar et trouve les 2 sacs que nous avons vu à quelques mètres. Ils décident de les déplacer pour signifier aux imprudents qu’ils les avaient remarqué. Puis ils continuent leur route sans nous voir dans la pénombre.
Ayant réussi l’infiltration l’an dernier, je propose à Bouchbi de le laisser y aller seul, considérant qu’il est inutile d’y aller à deux. Je lui explique rapidement la topologie des lieux et le chemin que j’avais moi-même emprunté lors du TCH2011. Il reste maître de ses choix, mais au moins il a une petite idée de ce qu’il va trouver..
Je reste donc à me reposer sur mon tas de bois, attendant le retour de mon binôme, le PA à la main.
45 minutes après, Bouchbi réapparaît avec les informations. Son infiltration s’est bien passée, il a croisé du monde, mais ne s’est pas fait repéré. Il racontera cet épisode mieux que moi.

L’Aubergiste (qui n’est autre que Sebastos) lui a donné l’endroit où se trouvent les prochaines instructions. Nous ne savons toujours pas qui sera notre cible, ni où et quand nous devrons l’abattre.
Notre prochaine destination est la Maison Forestière de Montmija. Les infos seront disponibles de 7h à 11h.
Il est 2h du matin. Nous nous reposons une heure avant de repartir vers le prochain contact.

Récupération des infos à la Maison Forestière de Montmija :

Il est 9h30 lorsque nous arrivons en vu des bois qui borde le refuge montagnard. Nous mangeons un morceau et décidons de poser les sacs sur une bute au nord de la maison forestière. Nous observons les va-et-vient des gardes. Tous les quart d’heure, ils partent pour une ronde qui dure 15 minutes.

Nous commençons notre infiltration vers 10h..


Photo cliquable..

Nous descendons la clairière qui nous sépare du bois entourant le refuge et pénétrons en douceur dans les bois peu denses.
Nous progressons lentement et silencieusement, les plastrons passants régulièrement autour de nous sur les chemins. Pour l’instant, tout va bien.
Vers 10h45, 15 minutes avant la deadline, nous nous faisons spotter par un binôme de plastron patrouillant dans les bois. « PLASTRONS ? » nous crie celui de gauche. Face à notre silence, il ouvre le feu. Rapidement, je suis touché. Les 2 plastrons nous rejoignent. Le tireur est Suisse, membre d’eXtreMilSim. Ils nous prennent un jeton, puis s’éloignent, nous laissant en jeu … il ne nous reste que 2 jetons.
Mais pour nous, le temps presse.. Nous arrivons rapidement en bordure du sentier à quelques mètres de la maison forestière. Un garde est là. Distrait mais présent.
Mino et Groquik sont là aussi, et en bon reporter, ils prennent des photos. Je suis agréablement surpris de voir Mino me chercher du regard dans les bois sans me voir. Bien que n’ayant pas pris de ghillie, j’ai une grande confiance envers le Vegetato dans les forêts de Puivert et mon camo facial en Realtree ainsi que ma boonie de chez Jack Pyke me rendent particulièrement difficile à voir dans les bois.
Finalement, le garde se décide à partir en ronde, 5 minutes avant la deadline des 11h.. J’en profite pour bondir hors des bois, courir prendre les infos dans le refuge puis rejoindre Bouchbi à l’abri des arbres. Dans la précipitation, je tire par erreur une bille de PA qui heureusement n’attendra personne et n’éveillera pas les soupçons.
Au passage, je constate que beaucoup d’enveloppes sont encore sur la table de la maison forestière.. J’en conclus que pas mal de binômes n’ont pu arriver à ce stade de l’OP.
Rapidement, nous nous exfiltrons, dans un silence presque parfait. Nous voilà arrivé en bordure des bois, en face de nous la clairière puis plus haut, les bosquets où sont cachés nos sacs.
Bouchbi sort des bois et court de toutes ses forces vers le haut de la clairière. Durant sa course, il se retourne et m’indique par geste de rester dans les bois. Je recule de 5m et m’allonge, PA prêt à tirer. 2 plastrons arrivent, débonnaires et s’arrêtent le regard tourné dans la direction que Bouchbi a prise. Ils commentent sa course et me tournent le dos, à 10m.. J’ai le Desert Warrior qui me démange.. Mais je préfère jouer la discrétion pour assurer notre exfiltration. J’attends que les 2 gardes abandonnent leurs recherches et court rejoindre mon binôme.


photo par Oliva

Nous retrouvons rapidement nos sacs. Il est temps d’ouvrir l’enveloppe et de découvrir la suite !

Le sauvetage de l’Aubergiste :

Le message nous indique que l’Aubergiste a été pris en otage et emmené au PC du Maquis de Picaussel. Il a encore d’autres infos à nous communiquer. Nous devons le libérer entre 15h et 18h.


Photo cliquable..


Photo par Oliva

Bouchbi élabore une route assez directe.
Nous nous reposons une heure et prenons la route.
Plusieurs fois durant la longue marche vers le PC du Maquis, le convoi complet des véhicules ennemis (Land Rover, camionnettes, voitures..quad) nous croisera sans nous voir.

Notre route nous conduit dans le petit village de La Malayrède où un robinet surmonté d’une pancarte « Eau potable de Pierre » m’attire l’œil. Je vide l’eau de ma gourde filtrante, récupérée dans une source plus ou moins douteuse un peu plus tôt, tout heureux de la remplir d’une bonne eau potable. En appuyant sur le bouton du robinet, rien ne sort.. Me voilà face à une source tarie avec une gourde vide..

Plus bas, je vois un cimetière, lieu bien connu où l’on trouve généralement un robinet. Mais pas là. Aucune source d’eau. A quelques mètres, une fillette joue avec un bâton, à faire des dessins sur le sol. Je m’approche et craignant de l’effrayer je l’interpelle avec un large sourire !
Hey ! Jeune fille ! Vous sauriez où j peux trouver de l’eau pour ma gourde ?. La gamine m’emmène sans hésité deux rues plus loin vers un ancien lavoir où coule une eau claire, fraîche et potable.
Merci gamine !

Je rejoins Bouchbi. Nous continuons notre route.

Notre chemin vers le PC du Maquis passe par le refuge du Maquis, à une 100aine de mètres plus au Sud. Plein de souvenirs me reviennent du trophée 2011, avec mon spotter Blackout.

A proximité, nous apercevons une présence ennemi. 2 plastrons discutent devant le refuge. Bouchbi et moi préparons un tir simultané. Chacun sa cible. 1.. 2 … 3 ! Ma bille est probablement déviée par une branche, celle de Bouchbi atteint sa cible semant le trouble chez les plastrons. 2 s’écroulent (l’un d’eux à cru être touché, mais non..). Nous les rejoignons et les maîtrisons au PA.
Une camionnette s’approche et le conducteur décharge quelques cartons.. Il nous voit mais doit nous prendre pour un binôme qui a abandonné.. Rien ne le choque et Bouchbi et moi reprenons la route vers le PC du Maquis.


Photo cliquable..

Les premiers 30m se font en descente abrupt, c’est à ce moment que mon genou m’a clairement dit stop.
Mais il est hors de question d’abandonner. Je préviens mon acolyte de mes problèmes, que ça ne va pas nous aider, mais que je ne suis pas prêt d’abandonner. Pas cette fois ci.
Nous continuons d’avancer et bientôt, le PC du Maquis est en vu.

Nous entendons l’Aubergiste se faire torturer, il crie, ses tortionnaires lui hurlent des insultes et tentent de le faire parler.
Nous progressons depuis le fond de la clairière en remontant par la droite. Mais sans comprendre ce qu’il se passe, je vois Bouchbi touché, il a été snipé, nous sommes out pour 30 minutes. Il attend, à terre, que le plastron vienne lui prendre un 2eme jeton. Mais personne ne vient (nous apprendrons plus tard qu’il s’agit de Nuage, venu prêter main forte aux plastrons, accompagné de Van et AriegeBoy).
Au bout de 30 minutes, nous rebroussons chemin et tentons naturellement de progresser par la gauche de la clairière.
Nous cachons nos sacs et remontons le long d’un petit chemin, parallèle à la clairière en direction du PC.
Autour de nous, il y’a beaucoup d’agitation, de mouvements de plastrons. Mais personne à proximité visuelle.
Derrière les arbres, à quelques mètres de nous, j’entends Sebastos et d’autres voix.

Bouchbi et moi décidons de nous séparer d’un 10aine de mètre et de progresser vers nos cibles de manière parallèle, lui dans la végétation, moi en bordure du chemin. Au bout d’un moment, nous apercevons notre Aubergiste (Sebastos) et ses 2 tortionnaires (Mino et Groquik). J’épaule, je vois Bouchbi faire de même, sans nous concerter, j’engage Mino et le touche à la main, Bouchbi sort Groquik. L’otage est libéré.


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Il nous demande de le suivre dans les bois en courant et nous donne les prochaines instructions..
La cible final se trouvera le lendemain entre 08h et 08h03, à la terrasse d’un café en train de prendre son petit déjeuner. L’homme portera un foulard rouge. Il prévoit de massacrer un village serbe entier le soir-même si nous ne l’éliminons pas. Nous devons empêcher ce massacre.


Photo cliquable..

En voyant les coordonnées du point, j’ai vite compris la suite.. Nous devons redescendre ce soir dans la plaine.. Et le chemin le plus court est le fameux sentier cathare… Celui qui m’avait achevé il y’a un an.
Sebastos nous annonce qu’Alumyx a du abandonné à cause d’une tendinite.
Nous discutons quelques minutes avec les collègues Sniperlandais (Nuage et Van), surpris de leur présence ici, mais heureux de les revoir dans de telles conditions.
Nous ne sommes plus que 2 binômes en course, avec celui formé par Belette et David. Depuis le début de l’OP, ces deux là ont toujours eu un temps d’avance sur nous. Nous les croisons en repartant, ils sont bloqués ici car ils se sont fait capturer leurs sacs. C’est à ce moment que nous avons commencé à prendre de l’avance sur eux. Leur parcours durant cette OP fut exemplaire.

A ce moment du jeu, j’ai vraiment mal. Mais je dois continuer. La descente du sentier de nuit est difficile. Je m’accroche à une canne de fortune, parfois je relâche mes nerfs avec quelques mots bien sentis. Je remercie mon binôme pour sa patience et son calme. Son mental a tenu le mien.

Vers 19h, nous refaisons de l’eau dans un ruisseau, la route est redevenu plus plate. Au détour d’un sentier, une voiture et un pick up s’arrête à notre niveau, en plein phare.
Un vieil homme et son fils (?) bien avinés nous accusent de voler des moutons.. Bouchbi lui fait ironiquement remarqué qu’on n’a pas la place dans le sac, de mettre un mouton.
Je dois lui expliquer qu’on fait de l’airsoft, ce qu’est l’airsoft, qu’on est en OP …. bref, pas la discussion qu’on a envie d’entamer à ce moment là… finalement, je lui note le numéro de Sebastos et il nous laisse partir en souriant, et en nous serrant la main.

A 20h, nous sommes enfin arrivés aux Bouzigues, au somment du tas de copeaux.. Nous préparons une bonne nuit de sommeil, sans crainte de se faire déranger par les plastrons ici.
A vue de nez, l’objectif final se trouve le long d’un sentier à 1,7km de là. Le créneau de tir est de 08h à 08h03.. Pas la peine de se précipiter.. Une bonne nuit de sommeil nous attend.

L’objectif final :

A 5h30, après 9h30 de sommeil entrecoupé, mon acolyte et moi sommes réveillés. Nous laissons les sacs sur place, juste la carte et le GPS, et bien sur, nos précieux bolts.
Rapidement, je comprends que les 1,7km de trajet ne vont pas se faire sur le plat.. Il y’a 200m de dénivelé. Mon genou n’a toujours pas digérer la veille.. Les petites montées vers l’objectif sont dures.


Photo cliquable..

A 7h15, nous sommes au point précis indiqué par le GPS. Sur place, il n’y a rien, pas de terrasse de café, pas de cible.. rien qu’une longue crevasse profonde de 5 à 6 m qui coupe le paysage en deux. Nous sommes au nord de cette crevasse, nous choisissons de nous poster de l’autre coté en haut du versant sud.
Nous descendons les parois abrupts en glissade sur un pied, jusqu’en bas. Puis, nous commençons à escalader pour remonter en face. Les parois sont très glissantes, en terre argileuse, sans prises..
Après avoir gravi 2m50, j’entends des voix au loin qui crient et plaisantent fort. Ce sont les plastrons qui arrivent, il est 7h30.. Nous finissons de gravir la pente miraculeusement sans reglisser en bas. Puis nous nous jetons au sol. Bouchbi sur le ventre, moi sur le dos.

Les plastrons arrivent et mettent en place la zone de tir. Oliva plaisante sur les normands, à très haute voix, je ne peux m’empêcher de sourire sous ma cagoule realtree..
Soudain, je vois un sniper en patrouille arriver par ma droite, il marche sans me voir mais s’il continue, il va me marcher dessus ! Alors qu’il est à 5m de moi, je me redresse légèrement et le vise avec mon bolt. Il me fait signe de ne pas bouger puis s’arrête à ma hauteur. Ce sniper, c’est Nuage, qui m’explique à voix basse, sans me regarder que les règles ont changées : devant le peu de binômes encore en lisse, les snipers plastrons vont nous aider lors de l’exfiltration. Délicate attention !

Rapidement, nous comprenons qu’il y’a une légère différence entre l’endroit où nous supposions voir la zone de tir et l’endroit où la terrasse est en train de se monter.. La cible sera bien de l’autre coté de la crevasse, mais 25m plus à l’est..
J’essaie de trouver un couloir de tir correct, mais impossible plusieurs arbres entre la cible et moi forment un bosquet massif. Je tente un ramping de quelques mètres. Lorsque je me redresse, j’ai un couloir de tir pas très large entre 2 arbres.. Cible estimée à 50m.

Sebastos annonce qu’il reste 2 minutes avant le créneau de tir. Je décide de ne plus bouger et de rester à cet endroit.
Avec Bouchbi, on avait convenu que si je ratais ma cible, il l’engagerait à son tour..

Puis, l’heure fatidique arrive. IL EST 8H !. Les bâches bleues entourant la terrasse du café tombent toutes en même temps. La cible apparaît dans ma lunette, reconnaissable à son foulard rouge. Il se déplace lentement de gauche et de droite, marquant des pauses. Je suis allongé, le bolt en appui, zoom mini pour voir ma bille et corriger si besoin. Je vise, je m’applique et je tire.. Mais..
Au bruit qu’il a fait, mon bolt vient de tirer à vide !! Chose qui ne lui arrive jamais d’habitude. Par chance, le claquement n’a pas eveillé les soupçons, il semblerait qu’hormis Bouchbi, personne ne l’ait entendu.


Les cibles quelques secondes avant le tir..

J’entends Bouchbi tenter sa chance, mais il rate l’objectif. Je rechambre une bille, concentration optimum. A ce moment, je suis très calme. J’attends que l’homme s’immobilise à nouveau, de préférence entre les arbres qui me cachent partiellement la vue.
Celle ci sera la bonne, j’atteins ma cible qui s’écroule. Il s’agit d’Alumyx qui porte un foulard rouge.


La cible à terre.

Aussitôt, des cris retentissent, la confusion s’installe. Bouchbi et moi sommes déjà en train de dévaler le sentier pour aller nous cacher.. Les plastrons sont censés pouvoir nous poursuivre pendant 15 minutes.

Nous nous abritons sous une grosse souche et reprenons notre souffle. On a le sourire et on se félicite chaleureusement. Je remercie mon bolt pour m’avoir procuré le plaisir de réussir un tel tir. Un coup de fil de Sebastos m’annonce que mon tir est validé : 50m à 20cm du point visé. Belle perf comme on aimerait en faire tous les jours ! L’autre binôme n’a pu effectué son tir.
Nous venons de gagner la 2eme édition du Trophée Craig Harrison

Nous reprenons la route vers Bouzigues pour récupérer les sacs et rejoindre Camp Bonnaure, le point d’exfiltration. Sur la route, nous croisons Shawn’X et son Land Rover qui vont nous faciliter grandement la tache. Il faut reconnaître qu’on est fatigué.

Retour sur l’aérodrome de Puivert, camp de base des plastrons. Tout le monde se retrouve et échange sur les routes empruntées.

Puis tout le monde a pris la route vers Chalabre où nous attendait un grand banquet comme seule la famille de Sebastos en a le secret.
Avant ça, on prend quelques photos.
Un bon repas chaud, bienvenu après toutes ces barres de céréales, ces pattes de fruit et ces plats lyophilisés..

Je retrouve ensuite ma compagne, reste à recharger les sacs dans la voiture.. Dire au revoir aux copains et penser à mon lit douillet qui m’attend à 800 bornes de là !

Cette OP a été un moment fort dans mon parcours d’airsofteur, tout comme le fut l’édition passée. Les lieux sont propices à l’immersion. Les différentes phases du scénario sont bien ficelées (surtout quand on sait que l’équipe d’orga est très très réduite). De mon point de vue de sniper sur cette OP, j’ai trouvé le scénario très fluide, les plastrons bien présents sur la zone de jeu.

Je tiens à remercier tous les joueurs qui se sont déplacés pour cette OP, plastrons et snipers. Un énorme merci aux orgas qui encore une fois ont fait un boulot dingue pour créer un événement hors du commun.
Un GRAND merci à Bouchbi.
Merci à Rosen et Lonewolf pour avoir tenu compagnie pendant le trajet.
Merci à Alumyx d’avoir pris (attiré ?) la bille finale.
Bravo à Belette et David !
Merci à la famille de Seb pour le repas à l’arrivée.. Pas facile de préparer un tel banquet, mais on s’est régalé.
Merci à Seb, Oliva et Safari d’avoir joué les marionnettistes.
Merci à ma Julie pour le soutien et la relecture !

Crédits photo : Fred, Groquik, Oliva et Eljaguar

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4 Responses to Trophée Craig Harrison 2012 – Feedback de Fred

  1. Un vrai plaisir à lire ! Qui plus est, tu as réussi l’exploit de bien illustrer l’article. Encore bravo pour le tir final, c’était propre et sans bavure ! Je n’ai personnellement pas entendu ton tir à vide, ni même le tir de Bouchbi ! Remets toi bien de ta blessure Fred !

  2. Bravo pour ce feedback, je l’ai lu d’une traite et l’immersion reste présente dans tes mots. Merci pour tes encouragements … le prochain TCH sera encore pire (ou mieux selon de quel côté on se place …Smilie: ;)

  3. Merci pour ce retex, vraiment super, j’espère pouvoir être des votre pour la prochaine édition

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