Feedback du Trophée Craig Harrison 2013 par Loky

Cette année encore, le trophée Craig Harrison eut lieu sur les terres de Puivert, organisé par toute l’équipe d’eXtreMilSim. On a pu voir des rires et des larmes lors de cette édition. Une flopée d’abandon comme tous les ans, et très peu de joueurs à atteindre la dernière ligne droite. Après les victoires de Alumyx/Mossy en 2011, puis Fred/Bouchbi en 2012, le binôme Loky/Jack remporte cette édition du TCH 2013. Découvrons le récit de Loky :

La préparation du sac se fait 3 jours avant le départ, et le sac n’est monté que la veille au soir. Pour me rassurer, je décide de tirer 2/3 billes avec mon bolt histoire de peaufiner les réglages si nécessaire… Résultat, une portée de 15m, et impossible de savoir d’où ça vient ! Après quelques heures de bricolage, je change complètement mes plans et regarde se que j’ai à disposition : un VSR en train d’être peint donc complètement démonté, un MB-06 où il manque un canon, un KC-02 sans organes de visé, et mon MB-01 démonté et où il faut que je monte un trigger qui est encore sous emballage… Bref, ce n’est pas folichon dans mes armoires ! Je monte donc la partie mécanique de mon APS2 dans le T96, monte le trigger, et scotch la méca à la crosse pour que ça tienne (mes vis de maintient étant complètement mortes). Il ne me manquait plus qu’à choisir une lunette, mon choix c’est porté sur ma 4-42 très légère du mb-06, la SL V2 étant beaucoup plus lourde. Zérotage de celle-ci au laser, et en avant, gros dodo (ce que je ne savais pas, c’est que ça allait être le dernier avant dimanche soir…).

06h00 je suis chez Aurèle et on charge ses affaires, puis départ pour les réjouissances. 6h de route plus tard, un McDo dans le ventre, et un double cheese dans le sac pour l’OP, nous arrivons sur le parking de Puivert, où quelques visages me sont familiers. Que de bonheur que de recroiser ces personnes, que nous voyons peu, mais que nous connaissons plutôt bien à travers les différents forums. Je profite de l’instant pour me rappeler la déception de l’édition précédente où manque de temps, et suite à de nombreuses erreurs nous avons dû abandonner lors de la 2ème phase. Mais étant un grand optimiste dans l’âme, je chasse tout de suite cette pensée de mon esprit pour finir mes réglages de bolt et terminer mon sac.

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15h00 Seb nous brief sur la première phase. Nous devrons trouver et suivre Vicente. Pas plus d’info si ce n’est qu’il est dans le village de Puivert. Nous partons donc et faisons un premier tour, puis nous comprenons vite qu’il va falloir trouver un point haut pour observer tout ça. Nous allons donc près d’une église non loin de l’entrée du village, et qui nous offre une vue sur l’aérodrome (point de rendez-vous des plastrons) pour observer les mouvements de nos chers compagnons de jeu. Après plusieurs minutes, un convoi quitte les lieux et fait route vers Puivert, nous comptons 9 voitures se qui donne une idée sur le nombre de plastrons. Nous finissons par nous retrouver à côté de l’église où les binômes de Renan, et de Groquik nous rejoignent. Nous sommes tous d’accord pour dire que l’on ne verra nos cibles qu’à 19h au Pamir, le restaurant Afghan du coin. Finalement après quelque temps, nous nous séparons, et nous retournons nous promener avec Aurèle dans le village. Puis des binômes de plastron se déploient, et nous croisons le premier près du lac, où l’un des membres vient me demander du feu. Suite à ça, nous nous mettons d’accord sur notre alibi afin d’être cohérents si l’on est séparé. La stratégie est simple, nous gardons une partie de la couverture prévue et modifions la raison de notre présence dans la région, et nous nous disons que s’ils posent des questions, on essaye d’aller sur un sujet que l’on maitrise comme l’airsoft. Nous rajoutons également un petit détail qui va faire toute la différence pour la suite, nous allons incarner un couple de gays… En plus d’être rigolo, on trouve que ça peut nous aider pour créer un contact avec nos cibles. Ni une ni deux, nous voilà en train de déambuler à la recherche de Vicente, main dans la main.
Après avoir croisé le regard de nos chères camarades, et après avoir parlé avec les méchants, nous décidons de partir pour le restaurant pensant avoir plus de succès…

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18h35 Nous entrons dans le Pamir, et prenons une table pour boire un verre dans un premier temps. Il y a déjà 2 mecs louches à la table du centre, mais ils discutent à voix trop basse pour entendre quoi que se soit. Je sors donc dehors fumer la première cigarette d’une soirée qui s’annonce longue…Sur la terrasse, je demande à un Farc pourquoi il y a autant de personnes en tenue de camouflage, et il me répond très sèchement en me faisant comprendre que les questions ne sont pas les bienvenues, et que la région est dangereuse. Je ne cherche pas à en savoir plus, sachant que j’allais revenir pour en savoir plus. Ma couverture étant ce qu’elle est, je ne pouvais me permettre de la compromettre. Je retourne donc boire ma bière à l’intérieur. Le doute s’installe sur notre capacité à trouver notre cible, l’heure tourne, et toujours rien. Puis plusieurs binômes de Farcs rentrent dans le restaurant, et se disent bonjour à haute voix. Notre cible est repérée, et je file dehors pour confirmer le nom avec mon carnet. Et là, grand mal m’en a pris, avec ma discrétion légendaire, le Farc de toute à l’heure vient me voir et me demande mon carnet pour voir se qu’il contient… Et là, impro totale, mon carnet est celui que j’utilise au régiment et est plein de trucs militaires. Je lui baratine donc que ma copine est militaire, et que j’apprends ses cours pour lui faire réciter (excuse bidon…), sauf qu’il finit par tomber sur le nom de notre cible ! Il le montre à un petit barbu, chauve, plutôt trapu qui me laisse échapper un sourire (désolé Seb). J’arrive à m’en sortir tant bien que mal, et rentre dans le resto pour reprendre mon écoute. Plus tard, je ressors appeler ma copine, pour la mettre au courant des fois que l’on me demanderait de l’appeler pour confirmer ma version.
Pour confirmer ma cible, je dois prendre une photo, mais les gardes du corps nous donnent du fil à retordre. Finalement après en avoir chahuté un (d’ailleurs merci d’avoir été le seul aimable et désolé si on t’a gêné) nous faisons une description détaillée à notre amiral qui confirme la cible. La suite est une grande attente en buvant un café, en attendant que notre cible bouge.

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21h45 Notre cible se lève et sort du restaurant, nous sortons donc après elle, et la suivons jusqu’au parking où elle monte dans un 4×4. Nous nous arrêtons avec Aurèle sous un lampadaire, et faisons mine de nous embrasser pour la laisser partir, une fois que celle-ci se met en mouvement, nous courons dans notre véhicule, où notre guide nous attend. Nous la suivons, mais voyant que notre chauffeur n’écoute pas nos consignes, nous nous laissons emmener. Arrivé en haut d’une route, le 4×4 tourne brutalement à gauche et nous le suivons de bien trop près selon moi. Le 4×4 s’arrête, et notre chauffeur sort en verrouillant la porte. Ni une ni deux, des feux s’allument juste derrière nous ! Et merde, on vient de se faire piéger, comme me le confirme le M4 braqué sur moi à travers la fenêtre.
Aurèle se fait sortir manu militari du véhicule du guide, et je ne tarde pas à suivre, mais comme je suis un mec sympa, je leur épargne le fait d’user de la force, et le fais de mon plein gré. Je me retrouve donc la tête dans le sol, les bras dans le dos en train de me faire ligoter, et un foulard vient m’obstruer la vue. Nous nous faisons bahuté, et nous amusons beaucoup (je dois avouer que niveau RP, on n’a pas réellement joué le jeu), puis un 4×4 arrive et nous sommes chargés à l’arrière avec un garde qui nous tient. Durant le trajet vers un lieu indéfini, je me libère de mes liens, et envisage de faire bouffer la tôle à notre geôlier, mais ne voulant pas pourrir le scénario, je me laisse faire.
Arrivé au repère de nos nouveaux amis, nous sommes alignés face à un mur, et l’on vient nous interroger régulièrement. À un moment, l’un des Farc vient me demander : « A ton avis, pourquoi tu es là ? » sur quoi après un petit temps de réflexion, je lui réponds : « Je pense que vous avez un vrai problème avec les gays ! ». J’avoue que ça me faisait bien rire, et je pense que ça en faisait rire d’autres, donc même si ce n’était pas vraiment RP, il n’y a pas de mal à se marrer… Puis l’on me sort et on m’interroge à nouveau. On m’explique que notre guide avait sur lui des photos de mon binôme et moi en treillis, ce à quoi je m’empresse de répondre que nous faisons de l’airsoft, et me voilà donc en train d’expliquer ce que c’est. Bref je m’amuse intérieurement en disant des conneries. Nous subissons la « torture » de nos camarades toute la nuit jusqu’à ce que le jeu se mette en pause, et que nous allions nous mettre près du feu pour nous réchauffer.

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08h00 Au petit matin, où nous sommes tous rassemblés devant un mur pour une exécution en règle. Au moment du tir, un groupe d’homme vient éliminer les méchants et nous libère de nos liens. J’en profite pour mettre quelques coups de pieds (très gentil ^^) aux cadavres des Farcs, puis file me changer. Enfin on va pouvoir parler de choses sérieuses ! Nous sommes le 2ème binôme à partir et filons pleins Sud, passons devant les plastrons, et arrivé au croisement de la route, nous prenons plein Nord à travers la forêt pour rejoindre le sentier cathare et rejoindre camp Bonnaure, suite de notre mission.

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10h30 Au détour d’un chemin, nous jetons un coup d’œil rapide à la carte pour vérifier notre emplacement quand retentit un « Farc !? », ne cherchant pas à comprendre, nous détalons le plus vite possible sans nous retourner pour mettre un peu de distance entre nous et nos poursuivants, puis nous nous jetons derrière une haie pour finir dans un petit ruisseau. Nous sommes aux aguets. Mais rien ne bouge. Nous décidons de nous faire oublier, quand je commence à ressentir l’eau couler dans mes vêtements. Nous resterons comme ça 45 minutes, avant de nous décider à reprendre la progression.
Comme nous pensons qu’une patrouille est dans le coin, nous descendons dans le lit d’une rivière, où nous en profitons pour faire un ravitaillement en eau, puis longeons son lit, afin de limiter nos traces.

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11h30 Arrivé sur le flan Nord de la montagne permettant un point de vue sur Camp Bonnaure, nous décidons de nous arrêter nous reposer et manger un peu. Le repas pris en moins de 10 minutes, mon binôme commence sa sieste, pendant que je suis en observation du camp, pour essayer de trouver des indices qui serviront pendant notre infiltration prévue pour l’heure du repas quand la nuit tombe. Un « contact ! » me sort de mon activité. Je comprends très vite alors que nous venons de nous faire débusquer par une patrouille. Aurèle sort de ses rêveries et est déjà en train de riposter que je compte 4 assaillants. Merde, je n’ai qu’un chargeur de P99 sur moi, il va falloir économiser. Les plastrons essayent de nous contourner quand j’entends Aurèle se prendre une rafale sur le flanc droit. Au même moment, je tire ma dernière bille. Il ne me reste plus qu’à me rendre en ravalant ma fierté et mon amour propre. « Bien joué les gars, on ne vous a même pas entendu arriver ». Ils nous apprennent que nous avons été trahis par le craquement d’une branche alors qu’aucun de nous n’a bougé. Bref c’est le jeu, et acceptons sans problème les conséquences de cet affrontement. Nous refaisons nos sacs, et rebroussons chemin. On fait le point sur nos munitions, et constatons vite qu’en cas d’accrochage, on va vite être à sec…

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13h00 Nous sommes de nouveau en poste en lisière de forêt à l’Est de notre première position. Cette fois, nous nous mettons bien à couvert pour pouvoir profiter au mieux de notre temps de repos, et commençons notre sieste. Je dors 2 heures qui sont des plus réparatrices possible, alors qu’Aurèle à du mal à fermer les yeux.

18h00 Nous attendons Lonewolf et Simon pour pouvoir nous engager vers notre objectif. Soudain, quelqu’un approche, lampe rouge sur le front, et lampe blanche à la main. On se jette au sol, PA braqué dans sa direction, on le suit du regard. Au rythme où il balaye la forêt, on va vite être compromis. C’est à ce moment que Lonewolf essaye de m’appeler à plusieurs reprises, ce qui a le don de me faire ronchonner intérieurement. Il a bien choisi son moment ! Le gars à la lampe continue son tour, puis s’arrête en plein milieu du champ. C’est à ce moment, que je tilte que c’est Yann (Lonewolf) qui nous cherche. Pour la discrétion, on repassera, si quelqu’un nous cherchait, il a servi notre position sur un plateau.
Après l’arrivé de Simon, nous nous dirigeons vers Camp Bonnaure, pour poursuivre la mission. Nous partons donc dans la forêt, mais la nuit étant tombée, nous progressons difficilement sachant en plus que ni moi ni mon binôme n’avons de lampe. Après s’être retrouvé coincé par des murs de végétation, je commence à en avoir marre, et décide de passer à travers avec la méthode sanglier. Une fois dans le découvert, nous rejoignons la lisière la plus proche de l’objectif, et laissons nos sacs pour voyager léger.

20h00 Après une première phase d’observation au plus près, où seuls 2 champs nous séparent de la cible, nous continuons notre progressons le plus silencieusement possible. Arrivée à hauteur du dernier champ, un bruit se fait entendre sur notre droite ce qui arrête notre colonne. Après quelques minutes, je devine aux bruits qu’il s’agit de vaches, et donc je relâche la pression. Au bout de 10 minutes, ne voyant pas notre homme de tête repartir, je vais voir Aurèle qui se trouve devant moi. « Pourquoi on n’avance pas !? » « il y a du monde dans le champ à droite » « lol ! C’est des vaches ! », ce sur quoi il va prévenir tout le monde, et nous reprenons la marche.

21h30 Nous arrivons à l’angle Sud Ouest du village, et nous enjambons la clôture pour poursuivre notre route dans le fossé. Je passe en tête du dispositif, et longe le village sur l’axe Ouest / Est pour arrivé au feu de camp que l’on a repéré plus tôt dans la soirée. La seule info que nous ayons étant que la valise rouge sera avec un Farc dans le bivouac, il me semble donc logique d’aller là-bas. Arrivé à mi-chemin, juste avant de passer devant l’axe d’une grange où bricole un garde, je fais arrêter la colonne. Puis je passe de l’autre côté du fossé, et me retrouve dans un tas d’herbes desséchées qui fait un vacarme énorme quand mes 85kg tombent dedans ! Mes camarades restent figés, et après un balayage d’une lampe puissante, je passe dans le jardin en m’abritant dans l’ombre, allongé derrière une souche. Je profite pour avancer dans le jardin jusqu’à une clôture, pensant que le reste de l’équipe me suivait, mais apparemment en me retournant, je devine, qu’ils viennent juste de passer le fossé. Quand ils me rejoignent, la lampe refait un balayage de la zone sans nous détecter. Nous enjambons le grillage, et reprenons la progression. Maintenant, le mot d’ordre, c’est la vitesse et la discrétion, nos sommes au cœur de la base ennemie, et la moindre erreur peut nous couter un médi-kit, et j’ai envie de tout sauf de rencontrer du monde…

22h00 Nous longeons discrètement les maisons, quand j’aperçois le 4×4 de Seb, ainsi qu’un Cyalume vert, pensant que notre objectif est près du feu à 75m de nous, je ne prête pas attention. C’est à ce moment que Simon me dit que c’est notre lieu de rendez-vous, et nous partons donc sous le porche pour inspecter les lieux. Il y a 3 mallettes, mais les lueurs vertes, nous empêche de distinguer la bonne. Un petit coup de lampe plus tard, j’ouvre la mallette rouge, et nous prenons les infos que nous étions venus chercher. Nous sommes visiblement les derniers, car les autres cartes ont déjà été ramassées, mais ce n’est pas grave. Nous rebroussons chemin rapidement, mais toujours à l’affut du moindre signe qui pourrait trahir notre présence. Arrivés sur le chemin qui passe à l’Ouest du camp, nous forçons le pas, et trottons jusqu’à notre point de chute, où nous avons laissé nos sacs quelques heures plus tôt.

22h45 Nous nous empressons de regarder les indices que nous avons pour connaitre la suite des évènements, mais également voir le délai que nous avons pour être sur zone. Nous avons le même lieu, et le même horaire que le binôme de Simon et Yann, donc nous décidons de nous y rendre ensemble. Après tout pour le moment ça nous a plutôt bien réussis de faire équipe à 4… Notre cible sera entre 10h00 et 10h03 dans un carrefour entre une route et des chemins. À ce moment, une colonne de voiture en direction de Camp Bonnaure arrive dans notre direction, se qui nous force à nous éloigner très rapidement de la zone pour trouver refuse un peu plus loin histoire d’être plus à couvert, et pouvoir faire une petite pause. Yann pleure son GPS, et avec Simon, nous vérifions la carte, et choisissons notre itinéraire. Clairement, on fait le choix risqué, car nous allons passer par les petits chemins, mais éviter ainsi un gros détour. L’année dernière ça nous avait perdus, mais cette année, je le sens bien, et il y a pas de raison. La carte montre plein d’indices nous permettant de ne pas nous perdre surtout au niveau du nivellement, avec des fonds de tiroirs clairement identifiables même de nuit. En gros, tant que ça monte, c’est la bonne direction. Une fois rassurés, nous en profitons pour manger, et nous repartons.

23h45 Nous voila reparti direction Camp Bonnaure, car notre itinéraire passe devant, puis nous devons nous enfoncer dans la forêt jusqu’à notre objectif. Arrivé au coin Sud/Est du village, des lumières s’allument, et le cardio s’accélère. Nous trouvons refuge derrière une ligne de haie, et décidons de dégager rapidement de la zone. Nous continuons notre progression au pas de course, et nous éloignons progressivement. Alors que nous sommes que trop peu éloignés du repère des Farcs, la pluie commence à tomber, et les phares d’une voiture nous indique que celle-ci va passer sur la route où nous nous trouvons, ce qui nous oblige à courir nous mettre à couvert. Décidément, on a réussi à pénétrer dans le village sans encombre, et maintenant que nous sommes à sa périphérie, nous avons que des couilles ! Grrrr je ronchonne intérieurement, et on accélère le pas pour sortir de la zone.

00h45 La progression est longue et fatigante, la boue couplée au dénivelé, ne nous permet pas d’aller vite, et tape fortement dans notre capital physique, de plus, la fatigue qui s’accumule depuis le début de l’OP n’arrange pas les choses.
Mes camarades s’en remettent à moi pour nous diriger, et voyant leur état de fatigue, j’ai envie de tout sauf de me planter. Je sais que si ça arrive, ils ne diront rien ou ronchonneront un peu, mais je ne veux pas les décevoir, puis soyons clair, même si j’encaisse encore bien l’effort, je n’ai pas envie de marcher 5 bornes de plus… Je fais donc régulièrement des points sur la carte pour ne pas dévier et les tenir informé de la distance qu’il reste à parcourir, même si je sais que le plus fort dénivelé arrive, et que ça ne va pas être une partie de plaisir pour tout le monde. Donc régulièrement je dis que nous sommes tout proche quitte à mentir sur la distance, même si je sais qu’ils sont au courant, pour moi le plus important c’est de garder le moral de tout le monde et d’arriver sur notre objectif à 4.
Un doute me prend. Il devrait y avoir un chemin sur notre droite, mais impossible de le trouver ! Grrrr je commence à remettre en cause la stratégie de notre itinéraire… Bon aller on ne se laisse pas abattre, et on continu le chemin. Après tout, comme le montre la carte, tant que ça monte, c’est bon signe ! Et la fameuse route goudronnée que nous devons traverser n’est toujours pas en vue, il faut donc continuer. Nous voilà donc reparties comme l’année dernière, au milieu des ronciers à progresser difficilement. En théorie, il ne nous reste que 100 ou 150m avant d’atteindre notre fond de tiroir, donc je suis serein. Puis le groupe prend la chose plutôt bien donc nous n’avons pas de raison de douter.
Nous voilà sur la route, enfin ! Intérieurement je suis soulagé. Maintenant, il ne nous reste plus qu’à la suivre, même si ça rallonge de quelques centaines de mètres, au moins, on évite la galère d’un azimut brutal comme nous venons de le faire. Puis soyons honnête, on progresse bien plus vite sur ce type de terrain, et je veux absolument être sur les lieux avant de songer à dormir quelques heures.
Finalement, l’avis du groupe en décide autrement et nous choisissons un lieu pour le bivouac.

03h45 Nos sacs de couchage n’attendent que nous, pour 3h de repos bien mérité. Dans le noir, nous semblons être bien à l’abri, mais le retour le lendemain nous prouvera le contraire… Nous sommes en réalité à une dizaine de mètres de la route, et pas de buissons pour nous cacher ! Bref, la nuit commence bien, puis très vite je sens l’humidité. Je me rendors.

05h00 Je me réveille en surventilation. Il me faut 30 secondes pour reprendre mes esprits. Mes pieds baignent dans une piscine, il n’y a pas à dire, le sur-sac c’est étanche ! Enfin, un peu comme des rangers, étanche à l’intérieur… Dehors, il pleut à verse, qui a dit qu’il ne pleuvrait pas cette année !? D’un côté, je maudis le ciel, mais d’un autre côté, je me dis que pour la progression vers notre lieu de tir, la pluie va cacher notre présence, et c’est un allier de poids !

06h00 L’humidité est insupportable, et il est clair qu’il est inutile de rester dans le duvet. Il est difficile de se motiver à sortir, car se changer avec des affaires mouillées sous le vent et la pluie, ce n’est pas le top. Nous décidons de laisser nos sacs ici, et de partir légers vers notre objectif.
Je rigole intérieurement, je ressemble à un Kosovar. Je porte mes chaussures sans chaussettes, car elles sont trempées, donc complètement inutiles, mon pantalon qui contient plus d’eau que ma gourde, un T-shirt et ma polaire du régiment (pas des plus étanches possible) en haut avec un joli bonnet noir qui a le mérite de me protéger un peu la tête. Bref le look parfait pour être discret dans une zone pleine de Farcs…
Nous partons donc, sur le chemin qui continue de monter. Arrivés proches de la zone de tir, nous nous séparons de Yann et Simon, histoire de vivre notre aventure de notre côté, et nous enfonçons dans la forêt pour nous faire le plus discrets possible.

Je n’ai sur moi que mon PA, la carte et la boussole. Je file donc plein Nord, pour tomber sur notre objectif. La progression se fait lentement. Nous écoutons le moindre bruit, progressant de quelques mètres en quelques mètres, l’un après l’autre, pour limiter notre signature sonore. Je suis en tête et Aurèle est derrière moi légèrement en décalé au cas où. Bien sûr, un petit arrêt s’impose pour faire le vide en moi, qui a dit que c’était insoutenable d’avoir envie de pisser quand on ne peut pas bouger pendant 2h !? Au détour d’un chemin, nous croisons une patrouille, ils sont 2 et marchent sur la piste en direction du pas de tir, du moins, c’est la conclusion que je fais. On les laisse partir sans nous faire repérer, puis nous décidons de nous éloigner légèrement du chemin, tout en gardant un visuel, car il va nous emmener à notre destination.
Nous apercevons quelques dizaines de mètres devant nous Yann et Simon, et décidons de leur faire un petit coucou. En les rejoignant, ils nous expliquent que le GPS bug, et qu’il les fait tourner en rond. Je leur dis donc de poursuivre plein Nord, et qu’ils finiront par tomber sur l’objet de leurs recherches. Nous nous séparons de nouveau, et 15 minutes après, l’objectif est en vu !

08h00 Je compte 3 véhicules présents sur zone, et quelques Farcs qui partent en patrouille dans tous les sens. Je me rapproche au plus près sous le couvert de la végétation pour mieux observer le terrain. Il va falloir que nous changions de côté. Je commence donc à me rapprocher de la lisière de la forêt côté chemin, et traverse rapidement. Au moment de toucher l’autre côté, j’aperçois une patrouille. La végétation étant nulle à quelques troncs d’arbres près, je sais que ça va être chaud. Je me fais donc le plus petit possible en les braquant au cas où. La patrouille passe tranquillement sauf le dernier qui m’aperçoit. Je m’apprête à lui en loger une dans le thorax, quand il me fait un clin d’œil, et poursuit sa route. Ouf ! On a eu chaud.

09h00 Les cibles arrivées en 4×4 quelques minutes plus tôt, sortent et discutent tranquillement à l’abri de leur garde du corps. Elles ne se doutent pas qu’elles sont dans mon viseur.

09h03 Fin du créneau de tir pour les premiers binômes, mais rien. Pas un tir, ni même un indice sur la présence de nos collègues sniper. Les cibles rentrent dans leur véhicule, et repartent. OK j’ai moins d’une heure pour me trouver un bon poste de tir. L’avantage à ce stade de la matinée, c’est que je sais exactement où nos cibles se placent, et donc je peux me placer en conséquence. Je trouve à une trentaine de mètres de ce fameux point, une bonne couverture, mais je trouve que je suis trop près, et mon orgueil m’interdit de me placer là. De plus, si je suis repéré par mon tir, la garde me tombera dessus très rapidement, et c’est loin d’être une situation alléchante…

09h20 Je n’ai pas trouvé d’endroit qui me plait et qui m’offre un bon couloir de tir. Je me cache donc entre 2 chemins, à l’abri de fougère sous un arbre mort. Je devrai me mettre à genoux pour pouvoir effectuer mon tir, mais bon on fera avec. Aurèle est sur ma gauche dans le bois. Simon est là lui aussi, et il m’a semblé voir Yann, sur mon ancienne position que j’ai délaissée, car trop proche. Je me pose donc ici, laissant mon carton rouge pour signaler ma position. J’ai 40 minutes avant mon tir, et les conditions météo n’envisagent rien de bon… Je suis à environ 50m de l’objectif, et je ne vois déjà rien dans ma lunette. Je relâche la pression, et patiente tranquillement. L’attente est longue, je m’assoupis plusieurs fois, et me réveille en voyant Simon endormi sur le ventre, en pleine « couverture » de son binôme. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire.

09h45 Une patrouille approche dangereusement de ma position. Au vu de ma « planque », c’est sur que je vais me faire cramer, et ça à quelques minutes seulement de mon tir ! Grrrrrr pourquoi maintenant !? Je m’allonge donc sur le dos, PA à la main braqué sur la patrouille, car je ne fais absolument pas confiance à mon camouflage qui est quasi inexistant… La patrouille passe à 2m de moi sans me voir, je me demande s’ils n’ont pas reçu la consigne de juste nous faire peur. Dans le doute, je les suis du regard. Un 4×4 arrive sur la zone de tir. Merde ! Si je ne me débarrasse pas de cette patrouille, je vais rater mon tir ! La patrouille repasse de l’autre côté du chemin et passe sans même me voir. Parfait, ils sont maintenant loin de moi, et le deuxième 4×4 arrive.

10h00 Les cibles sortent de leur véhicule, et discutent. Merde, comment je peux reconnaitre quoi que se soit, ils sont habillés presque pareil ! Comme je m’en doutais, je ne vois rien à travers ma lunette. Décidément, tout est fait pour que ça ne soit pas simple. Tant pis, je ne vais pas rester là à ne rien faire sous prétexte que je n’ai pas les conditions de tirs optimales. Je tire 5 billes, mais rien : ma cible ne bouge même pas. Ne voyant pas mes tirs, je ne peux même pas corriger, je décide donc de continuer et enclenche un autre chargeur dans ma réplique. Et c’est reparti pour 5 billes. À la fin du créneau, j’ai tiré 10 billes, mais ma cible n’a pas bougé. Seb nous demande de nous lever, ce que nous faisons. Je rejoins donc tout le monde en bas pour féliciter Yann qui a réussi son tir et échanger avec les personnes présentes sur place. Pour nous l’OP s’arrête là, nous ne devrons pas nous exfiltrer, et j’avoue être un peu soulagé, vu ma tenue, j’imagine très vite que ça n’aurait pas été du gâteau…

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La suite, c’est retour sur notre zone de bivouac pour récupérer nos affaires en 4×4 (merci Lionel pour le transport), puis direction Puivert pour se changer et déguster un bon repas au Pamir pour signer la fin du TCH 2013. Sur la route j’apprends que nous sommes les vainqueurs, car ma cible a elle aussi été touchée au bras, et comme la distance était plus longue, c’est nous qui gagnons le trophée 2013. J’avoue que pour moi la victoire ce n’est qu’un bonus, car la satisfaction d’avoir fini est plus grande.
Pour finir ce feedback, je remercie Seb, Titi, et toute l’équipe qui a rendu cet évènement possible, mon binôme qui m’a supporté, ainsi que tous les joueurs présents pour notre plus grand plaisir.

À l’année prochaine !

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Merci au différents crédits photos : Denis, Aurèle, Tonton Mike

Category(s): Évènements passés
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2 Responses to Feedback du Trophée Craig Harrison 2013 par Loky

  1. super feedback, je m’y serai cru!

  2. Merci l’ami !

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