Challenge de la Plume Blanche Trophée « CARLOS NORMAN HATHCOCK »

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Introduction :

Voici le retex de notre équipe lors du challenge de la plume blanche. Il y a plusieurs manières de rédiger un tel retex. Ici, je vais m’attacher à expliquer comment nous avons fait pour arriver à la fin du challenge. J’expliquerai les choses que nous avons bien réussi, et celles qui auraient pu être mieux réalisées.

Le but est de donner des éléments à ceux qui voudraient participer lors des prochaines éditions à ce magnifique challenge.

Plus d’infos ici : https://www.bsogames.com/

Tout d’abord quelques chiffres, histoire de remettre un peu dans le contexte…

  • Début de l’opex Vendredi 3 avril à 20h30

  • Fin de l’opex dimanche 5 avril à 12h45

  • Durée totale du challenge 40h

  • Temps de repos (repas plus sieste environ 10h)

  • Distance parcourue : 22km 1320D+ 1330 D-. Cette distance est parcourue en partie sur piste, en partie hors sentier, sur des terrains plus ou moins difficile, par bonne visibilité mais aussi dans l’obscurité la plus totale.

  • Nombre de billes tirées : 1

Komando-Phenix-Airsoft-squad 

1ère partie : La préparation

Personne ne peut le contester, la préparation joue un rôle extrêmement important pour la réussite d’un tel challenge. Trop d’eau ou pas assez, trop de vêtements ou pas assez, trop de nourriture ou pas assez peuvent vous faire échouer. Il faudra trouver le bon compromis entre ce dont vous avez besoin, ce que vous pouvez porter et ce dont vous pourrez vous passer.

Le matériel :

Pour faire le sac, je garde à l’esprit les éléments suivant : nous allons devoir marcher de nombreuses heures il nous faudra un sac le plus léger possible. Il va faire froid, il pleuvra et nous ne pourrons pas nous permettre de poursuivre le challenge si nos affaires sont mouillées.

Les vêtements / le chaud :

  • 2 paires de chaussettes (très important) + crème NOK pour les pieds, anti ampoules

  • Chaussures salomon gore tex

  • Collant de trail hiver / Pantalon de treillis VZ95

  • Haut manches longues Odlo (ne se mouille pas quand on transpire, reste chaud – Très important)

  • Micro polaire / Micro doudoune / Gore tex rouge / Veste VZ95

  • Poncho / Tarp (assure de pouvoir se protéger de la pluie en toutes conditions (le tarp n’a pas été utilisé)

  • Duvet -5°C (1kg). En cas de problèmes un duvet peut sauver de l’hypothermie, je le classe autant dans les éléments chauds que dans les éléments de sécurité)

  • Thermos (C’est lourd, mais y a pas mieux que de se boire un thé bien chaud à tout moment de la nuit)

  • Bonnets / Gants / foulard

L’alimentation :

Nous avons opté pour le lyophilisé.

Le challenge commençant à 20h00, nous avons pris un repas chaud (lyophilisé également) avant le départ, de telle sorte que nous n’ayons que 2 repas à assurer (le samedi).

  • Jetboil (permet de faire chauffer de l’eau rapidement en toutes conditions météo – attention, ça fait un peu de lumière et un peu de bruit)

  • 2 repas lyophilisés (1 pour le samedi midi, 1 pour le samedi soir) + 1 soupe

  • Biscuits pour le petit dej + Thé

  • Barres de céréales pour le reste de la journée. (Haute densité énergétique) 3 par jours, + 1 de rab + un paquet de fruits secs pour les petites faims.

  • Un camelbak 2L + une bouteille en plastique (léger et incassable) / Filtre à eau / pastilles

Personnellement je suis parti avec 700mL de thé + 1L d’eau. Je me disais qu’en montagne avec la fonte des neiges on trouverait de l’eau… On a dû attendre le 2ème soir pour trouver de l’eau au village lors de la récupération d’un message puis, quelques heures plus tard nous avons fait un détour vers une source pour se ravitailler à nouveau.

Finalement, on n’a pas trop manqué, mais on a eu de la chance. Le fait d’avoir dans son sac un filtre à eau + des pastilles aquatabs permet de limiter l’emport. Mais cela oblige à prendre le temps de se ravitailler.

Matériel technique / tactique / orientation:

  • Carte IGN + photocopie dans porte carte / boussole

  • Montre GPS / GPS Fortrex 301 / Iphone GPS / Smartphone Geoportail / Batterie supplémentaire en USB 9000mAh (assez pour recharger 4 fois l’IPhone). Prendre une batterie supplémentaire permet de s’assurer que l’électronique suivra.

  • Lunette de vision nocturne (tout à fait inutile pourtant on a essayé de les essayer plusieurs fois)

  • Un chest chacun pour tout le temps avoir à portée de main les trucs indispensables (carte, eau, nourriture, tel, chargeurs, etc.)

  • Une ghillie légère (800g) + camo facial

  • Un sac Eberlestock

  • Spotter : Un scorpion evo (pas de back-up -> un gbb, c’est environ 1kg de poids supplémentaire)

  • Sniper : un VSR10, un scorpion vz61

  • Lunettes de protection ess (très important d’avoir des lunettes non rayées pour la nuit (sans ça on n’y voit rien !)

  • Paire de bâtons 3 brins.

Voilà en gros pour notre matos…

Ça a l’air de faire pas mal de choses, mais au final, on s’en sort avec des sacs très raisonnables. En tout cas, adaptés à notre capacité de portage. Dans l’idéal il faudrait viser 10kgs. En fonction de la quantité de nourriture et d’eau portée on monte à 15kg. Pour moi c’est la limite de poids raisonnable pour pouvoir assumer des déplacements longs en terrain difficile.

La préparation physique et morale :

Préparer son matériel, c’est une bonne chose, se préparer physiquement et moralement c’en est une autre…

Je ne vais pas vous raconter la totale, de l’entrainement, puisque je n’ai pas fait d’entrainement spécifique pour ce challenge. En revanche, je fais habituellement 3-4 séances de sport par semaine et j’ai l’habitude de faire de longues sorties en montagne. Cependant, voilà à quoi il faut être préparé :

  • Orientation en conditions difficiles (nuit, faible visibilité, brouillard)

  • Efforts longs (>6 heures)

  • Gestion de bivouacs

  • Peu de sommeil (Donc prévoir de bien se reposer les jours précédents)

  • Le froid. Une fois arrivé sur l’objectif, il faut patienter jusqu’à l’heure de RDV et là, hé bien, il faut être équipé pour les températures très fraiches (les heures les plus froides sont tôt le matin entre 5 et 7h en gros).

Moralement, il faut tenir le coup, je ne vous dis pas que ça a été facile tout le temps. Mais on avait envie d’aller au bout, et on a rien lâché !

2ème partie : La mission

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Vendredi 3 avril 20h00

Nous sommes en position sur notre zone d’attente. Les sacs et les répliques sont chargés dans le coffre. Nous attendons le texto de l’organisateur pour se lancer dans l’aventure !

Vendredi 3 avril 20h30

« Je suis ici : 32T 359214 4882580 »

Nous faisons le repérage sur la carte IGN, et c’est parti. Seb est au volant, je copilote. Quelques minutes plus tard, nous recevons un nouveau message nous disant de se dépêcher car la Red star patrouille. A 20h53 nous arrivons sur le lieu d’insertion.

Nous recevons un colis et nous partons immédiatement sur la route forestière. Au bout de 300m, nous entendons une Jeep arriver. Des cris au loin nous indiquent que des combats ont lieu. Nous sautons dans le talus et restons immobiles le temps que la situation revienne au calme. Ça y est nous sommes dedans !

Au bout de quelques temps, nous estimons qu’il est temps de prendre le large. Nous remontons sur la route forestière que nous quittons au bout d’une centaine de mètres pour monter droit dans la pente, à la recherche d’un endroit safe où nous pourrons nous repérer et nous organiser.

Sur le colis un nom de code : HOTEL, une heure 7:30 et des coordonnées UTM. L’objectif est clair, se rendre sur cette zone. Nous avons du temps devant nous, mais l’itinéraire ne sera pas simple, si nous voulons éviter de prendre la départementale. Nous prévoyons donc de contourner le carrefour au niveau de l’office de tourisme (voir carte) en empruntant une route a priori pas utilisée. Nous rejoindrons ensuite la départementale jusqu’au site d’escalade. Cet itinéraire est risqué, mais rapide. De plus la lecture de la carte, ne nous présente pas beaucoup d’autres solutions.

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La première partie du trajet se passe bien. Nous finissons par trouver un vieux sentier peu usité, qui nous amène directement à une route. La nuit est claire, et la visibilité est plutôt bonne. Une fois sur la route, alors que nous arrivons à la première épingle (Cf. carte) je remarque une lumière pas naturelle. Nous nous approchons silencieusement pour tenter de découvrir d’où vient cette source de lumière. Il est encore très tôt pour se faire éliminer du challenge, nous avons du temps devant nous, nous décidons donc de rebrousser chemin et de choisir un autre itinéraire. Lors de notre trajet retour sur la route, nous croisons un autre binôme. Que sont-ils devenus ? Dieu seul le sait !

Finalement, nous parvenons par chance à trouver des sentiers qui ne sont pas répertoriés et nous dépassons les zones habitées et la départementale par le nord. Nous resterons au-dessus (voir très au-dessus) de la départementale pendant tout notre trajet jusqu’à la vallée de Bramadan.

Rien d’autres à rajouter si ce n’est que la dernière montée a été très très longue… Pas fâché d’arriver au lieu de RDV (vers 5h30)! Nous nous installons assez proche de la route avec un bon visuel. Nous mettons nos affaires chaudes pour passer la nuit, mais nous restons prêts à partir à tout moment (sacs fermés, réplique chargée, chest porté).

Vers 7h un véhicule arrive, 4 personnes en sortent. Ils ne semblent pas armés, et semblent avoir aussi froid que nous. Nous attendons 7h30 pour sortir de notre cache grelotant de froid !

Nous nous approchons sur nos gardes et procédons à l’échange d’informations : Une liasse de « billets » (en fait des coupures de magazines que nous avons examinées une par une pour être sûr qu’il n’y ait pas d’infos cachées).

Transits de froid, nous ne restons pas à taper la discute et nous retournons sur nos pas, nous perdre dans la forêt. Là nous nous installons pour nous reposer. Dans une pente avec vue sur la route et sur la vallée.

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De 8h00 à 12h00, nous dormons tant que nous le pouvons. A 12H30, nous prenons un repas chaud en prévision de l’après-midi. Nous attendons le sms qui nous donnera la position de notre boite aux lettres morte. Nous décidons que nous partirons quoi qu’il arrive à 16h, finalement quelques gouttes nous ferons quitter le camp à 15h00.

A 15h12, le sms arrive et nous indique de nous rendre auprès d’une fontaine entre 20h30 et 20h45.

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La bonne nouvelle, c’est que nous n’avons plus beaucoup d’eau et que nous pourrons certainement nous ravitailler au village. La mauvaise, c’est que c’est un village et que nous allons devoir trouver une solution pour y pénétrer sans se faire arrêter.

Nous choisissons un itinéraire qui évite les routes, et également qui nous fait passer dans des vallons à l’abri des regards indiscrets. Mais qui nous donne tout de même l’occasion d’aller jeter un coup d’œil de plus près sur l’endroit où nous avons décidé de traverser la vallée.

Arrivé tant bien que mal (ce fut beaucoup plus long que prévu) aux environs de notre objectif, nous nous trouvons un endroit caché pour se reposer. Je dors 1h en prévision de la nuit qui arrive.

Nous décidons que je me rendrais seul dans le village, en tenue civile. (Chaussures de marche, collant de trail, gore tex rouge, thermos et gourdes dans un petit sac discret) Mon « alibi » en cas de contrôle, « touriste qui campe dans les environs, je viens me ravitailler en eau ».

Samedi 5 avril 20h15.

Je quitte notre camp et me rend en trottinant vers le village. Superbe ambiance, dans ce petit patelin aux ruelles étroites. Pas un chat dans les rues.

Je reste caché aux environs de l’église en attendant l’heure du RDV. La cloche sonne, mais ma montre et mon portable indiquent 20h28min30sec. Je patiente donc encore un peu.

A 20h30, je me rends près de la fontaine et tombe nez à nez avec un pick-up occupés par 2 hommes à la mine patibulaire. Je me range sur le coté de la rue pour les laisser passer et poursuit mon chemin jusqu’au parking, comme si de rien n’était. Quelques instants plus tard une 3ème personne arrive depuis les escaliers et se dirige à la suite du pick-up.

Je me cache dans le parking. J’imagine que ces messieurs sont en train de cacher le message dans la fontaine et j’attends donc leur départ pour aller le chercher. Le pick-up fait demi-tour tant bien que mal dans les ruelles étroites et à peine est-il parti que je me précipite vers la fontaine.

J’ai beau chercher, je ne trouve rien. Je plonge les mains dans l’eau, je regarde sous la fontaine derrière, autour, j’inspecte chaque bassin. RIEN… Merde !

Les minutes s’écoulent. Je choisis de remplir mes bouteilles d’eau et je réfléchis. Je contrôle les coordonnées GPS, je ne suis pas exactement à la bonne position. (J’avais bien noté que d’après les coordonnées GPS la fontaine devait être au niveau du parking mais j’ai été induit en erreur par le pick-up)

 

La roche

Je retourne donc vers le parking et là j’aperçois dans un coin, derrière des véhicules une deuxième fontaine. Ouf, cette fois c’est la bonne. La vasque est remplie de graviers, d’eau verte et de quelques branches de sapin. Je me dis que c’est bon, la boite est dedans, il va falloir mettre les mains. Je racle toute la vasque plusieurs fois, je tourne et retourne en vain les graviers, je ne trouve rien. Il me reste maintenant plus que 3 minutes.

Je sors mon portable, je relis le message, prends un peu de recul, et me met à scruter les environs proche de la fontaine. Soudain presque à mes pieds, sous une remorque garée là, je vois ce qui me semble être une canette vide. Je la ramasse, sur le culot est écrit « HOTEL ». Bingo, c’est notre boite.

Je l’ouvre, récupère le message que je glisse dans une poche, je remets la boite en place, et quitte la zone d’un pas rapide.

J’ai le message, j’ai l’eau, encore une étape réussie !

Je sors du village et prend la direction du bivouac pour retrouver mon camarade. Un bon repas chaud et un peu de repos avant d’attaquer la marche qui nous amènera de l’autre côté de la vallée sur notre zone de tir.

Samedi 5 avril 22h30.

Nous avons mangé, nous nous sommes reposé, et chance, un brouillard épais s’est installé sur la vallée ! Plus de temps à perdre, il faut en profiter pour traverser.

Nous avons repéré dans la journée l’endroit qui nous parait le plus propice pour la traversée. Nous devons passer uniquement près d’une seule maison dont les volets sont fermés. Et bien entendu il y a la route départementale à traverser.

De plus, il faut que nous trouvions à nouveau de l’eau, car les quelques litres que j’ai pu récupérer à la fontaine ne seront pas suffisant pour assurer une bonne hydratation jusqu’au finex.

Notre itinéraire nous fait donc passer par la source de Mariaste. Cela nous rallonge un peu mais pas trop.

Ici prends fin mon récit, Boldrago raconte la suite de nos aventures :

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Samedi 5 avril 23h00.

Nous quittons notre bivouac tactique vers l’Est, pour contourner le village de la roche et franchir la départementale dans une zone peu habitée, vers la déchetterie serait l’idéal. Le brouillard est épais nous ne distinguons même pas les lumières du village. Le brouillard diffuse un léger halo lumineux, l’ambiance est particulière mais les conditions sont parfaites pour traverser la vallée. Nous sommes au bord de la départementale, une voiture arrive et nous nous mettons à plat ventre derrières les broussailles pour rester invisible. Ça y est la zone est déserte, go ! On traverse, j’observe un talus avec des arbres, il faut vite se mettre à couvert, soudain je sens le vide sous mes pieds ! Avec ce brouillard et l’adrénaline de la traversée, je n’ai pas vu le mur de soutènement de presque 2m sous le talus. Par chance j’atterris bien à plat sur mes deux pieds mais ressent immédiatement une vive douleur au talons droit à cause du choc. Je m’allonge aussitôt dans le talus, pour évaluer l’état de mon pied. Fais chier ! On ne va quand même pas devoir abandonner pour une erreur aussi stupide. La douleur décroit assez rapidement et je vois que je peux marcher sans trop de difficulté dans les prairies de la vallée, Ouf ! Rien de grave, mais est ce que la douleur va me permettre d’aller jusqu’au bout ? Je me souviens alors que j’ai eu la riche idée de glisser un vieux tube de pommade Arnica dans mon sac j’en applique aussitôt et on en profite pour faire une pause.

On repart, en faisant un crochet pour passer par la fameuse source de Mariaste et compléter un peu nos gourdes. On prend alors le sentier qui grimpe pour rejoindre la piste du bois noir, qui d’ailleurs porte très bien son nom ! L’atmosphère est tellement sombre qu’on ne distingue pas le sentier, quelque petits éclairage ponctuels ont vite fait de nous éblouir et de nous faire perdre notre vision de nuit, sans parler du risque de nous faire repérer. Je prends alors les devants et ouvre la voie sans éclairage en tâtant le sentier devant moi avec un bâton à la manière d’un aveugle avec sa canne blanche. La progression était lente et semée d’embuche avec de nombreux troncs en travers du chemin, mais notre infiltration est restée parfaitement discrète et invisible. De nombreuses poses ont été nécessaires pour nous reprendre et délester un peu mon talon qui demandait du repos.

Dimanche 6 avril 5h00.

Nous arrivons sur la piste. Tout à l’aire calme, nous décidons de l’emprunter jusqu’au point 1309 d’où nous devrons tirer dans quelque heures. Nous y arrivons, quelques minutes plus tard, on repère un peu la zone, et je trouve un poste de tir avec une bonne visibilité sur la piste. On décide alors de trouver un point de largage pour nos sacs un peu plus haut de manière à pouvoir nous extraire facilement après le tir, je profite de cette pose pour remettre de la pommade sur mon talons et on s’apprête à dormir 1h30 avant de rejoindre le poste de tir.

cible flouttée

Dimanche 6 avril 6h30

On se réveille, on enfile les Ghillies, on se fait un petit maquillage avant de rejoindre le poste de tir, une dernière gorgée de thé chaud sorti du thermos nous revigore après cette sieste assez fraiche. Mon téléphone vibre, ça y est nous avons le point d’exfiltration, on consulte la carte et là coup dur au moral il faut retraverser la vallée et remonter au niveau des bancs qui surplombent « la roche ». Je dis à Benounn « Oublie l’exfiltration concentrons-nous sur le tir on verra ensuite ». On descend alors, puis on va s’installer selon la position convenue la veille.

 

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Il se passe quelque minute avant qu’un véhicule arrive et largue deux soldats de la Red Star sur la piste. Ma position est à quasiment 40m de la position ou ils patrouillent, je me fige tel une souche pour rester invisible et ne relève légèrement la tête que toutes les 5 minutes pour consulter ma montre. Les minutes sont longues et pesantes, 7H50, un bruit de moteur se fait de plus en plus perceptible, un 4X4 noire arrive lentement, suivi d’une jeep sur laquelle je distingue « Victor » c’est bien lui ! Le véhicule ne semble pas s’arrêter, je vise donc un peu plus en avant et quand la tête de la cible passe sur mon réticule j’appuie sur la détente. J’entends le « clac » de ma bille sur la planche suivi d’un « Contact » lancé par le chauffeur qui accélère en trombe pour sortir de ma ligne de mire. Nous restons immobiles quelque instants, les deux patrouilleurs tirent à l’aveuglette dans notre direction, je rampe quelque mettre en arrière avant de déclencher notre mouvement de repli en couverture mutuelle. Nous rejoignons nos sacs complétement essoufflé par le dénivelé et l’adrénaline mais la satisfaction d’avoir atteint la cible nous donne la motivation pour appréhender le repli stratégique vers le point d’exfiltration. J’ai eu le temps de voir que mon coup avait porté plus bas que la tête, conséquence d’avoir desserré mon hop-up pour qu’il soit moins sensible au froid.

Les sacs remis sur le dos, on opte pour une descente plein azimut dans le vallon de pignatelle, on se rendra compte un peu plus tard que cette stratégie a été payante lorsque nous entendrons un véhicule patrouiller sur le GR52 en pied de colline. Si nous avions trainé d’avantage celui-ci nous aurait bloqué l’accès à la vallée. Nous nous sommes mis à couvert dans un bosquet de buis pour écouter son mouvement mais nous avions déjà traversé le GR. Nous reprenons la route en redoublant de vigilance, on prend le chemin inverse de la veille à travers les champs en longeant les haies, mais l’absence de brouillard et de feuille sur les branches rend la zone très ouverte. On progresse rapidement en faisant profil bas et en nous allongeant à chaque passage de véhicule. On retraverse la RD en évitant les murets cette fois ci ! Puis on disparait dans la végétation. Bien que la présence du sentier tout tracé vers notre point de repli nous ait bien tenté, nous avons préféré reprendre l’itinéraire de la veille en coupant dans la végétation en parallèle du vallon de Ste Catherine, et là a commencé une rude montée à travers des genets plus haut que nous qui nous attrapaient les mollets à chaque pas, avec de beaux ronciers pour couronner le tout ! Mais on n’allait pas prendre le risque de nous faire pincer si près du but.

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Dimanche 11h30.

On s’installe à 30m en surplomb du point et on met l’heure qu’il nous reste à profit pour une petite sieste. On entend l’arrivée du véhicule, mais il reste 10min, et on nous a bien fait savoir que l’heure c’est l’heure donc on attend ! On entend les gars discuter et s’étonner qu’on ne soit pas là ils téléphonent même à Strike pour lui poser des questions en regardant vers le bas du vallon, mais nous arrivons par-dessus ! Content de vous voir les Gars ! FIN DE LA MISSION !

On apprend avec surprise sur le trajet du retour qu’on est le dernier binôme en jeu ! Et là nous arrivons autour du barbeuk avec toute la troupe des participants et organisateurs qui nous félicitent.

On y croyait à peine mais quand on à vue la cible qui trônait aux pieds du Trophée on a pu apprécier l’impact de la bille en plein cœur !

C’est une grande satisfaction de voir que nos efforts de préparation et de conditionnement ont payé ! C’est la troisième fois que je tentais ce Challenge et connaissant sa difficulté nous l’avons entrepris avec beaucoup d’humilité et de précaution. Au niveau technique nous étions loin d’être les meilleurs et avions assez peu d’expérience en tant que binôme, mais nous avons abordé chaque étape avec le maximum de précaution en jouant la carte de la sécurité à chaque fois. Une petite dose de chance pour couronner le tout et nous voilà au bout de ce challenge mythique.

Un grand merci à tous ceux qui ont su reprendre le flambeau de ce challenge pour nous faire vivre une aventure excitante et immersive.

Boldrago

La mission est terminée, nous montons à l’arrière du camion avec nos sacs. Ça est là, sont posés un RPG, et autres accessoires. Nous discutons de notre aventure avec les membres de l’organisation venus nous chercher. Nous avons du mal à réaliser que nous sommes les seuls à rester en course. Arrivé sur le lieu du barbecue, nous sortons du camion bâché et découvrons avec émotion le nombre de personnes impliqués dans l’organisation du challenge. Nous sommes applaudis et récompensés par une bonne bière directement importée par nos amis belges. Rien ne m’aurait plus fait plaisir que de boire une bonne Jupiler après 2 jours d’efforts ! Un immense merci, et un grand bravo à l’équipe d’organisation et aux participants.

En écrivant ce retex j’ai pensé au temps que vous avez passé dehors à nous traquer, sachez que votre présence sur le terrain a influencé toutes nos décisions. Vous n’avez pas eu froid pour rien ! (Et nous non plus… Smilie: ;-)

Benounn

 

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Category(s): Article, Dédié, Évènements passés, Snipe Général
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