Retex du Trophée de La Plume Blanche 2015

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Le trophée de La Plume Blanche est une OP bien connue des Sniper airsoft. Elle a la réputation d’être l’une des plus exigeante en terme de préparation physique et d’immersion. Depuis 2009, elle a usé bien des binômes le long des pentes ardues de Valdeblore.
Pour cette édition 2015, nous vous proposons le retex du binôme Charlie composé d’Ariegeboy et de Loky.
Vous pouvez retrouver ce retex, ainsi que bien d’autres, sur l’excellent blog du Groupe Garonne.

Voici le récit d’Ariegeboy :

J-6, nous recevons la première partie de notre ordre de mission.

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La pression monte, le dossier ne semble comporter aucun renseignement « caché » mais je l’étudie plusieurs fois pour en être sûr.

J-2, nous recevons la seconde partie de notre ordre de mission.

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La zone d’opération est définie, nous évoluerons dans les environs de 4 villages du Valdebloristan : La Bolline, La Roche, St Dalmas et La Colmiane. Un examen appronfondi de la carte permet de repérer plusieurs sites mineurs au nord et au sud des villages. Je prépare une carte détaillée et la communique à Loky.

Cette note est accompagnée des coordonnées GPS de notre point d’attente ainsi que d’une heure d’insertion.

Étant blessé depuis plusieurs semaines, je n’ai pas pu m’entrainer et je tente de rester « calme » pour être apte le jour J.

J-1, Loky passe me récupérer dans ma planque, à 7h de route de notre point d’insertion. Nous faisons le choix de partir la veille, rouler toute la nuit et dormir le lendemain matin pour habituer nos corps et nos esprits à vivre la nuit. L’expérience nous a apprit qu’il est beaucoup plus facile de se déplacer de nuit et de dormir le jour, même si parfois les évènements vous imposent l’inverse.

Notre insertion étant prévue à 20:30, nous supposons que la mission commencera de nuit et souhaitons la commencer dans les meilleures dispositions.

Nous arrivons sur zone vers 4h du matin, je pose la voiture près d’un bunker que nous souhaitons observer le lendemain et décidons de bivouaquer dans le véhicule.

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Mauvaise idée, le soleil nous réveille plus tôt que prévu. Nous émergeons doucement, assez lentement pour que plusieurs randonneurs et joggeurs passent, sans doutes en s’imaginant un remake de Brockback Moutain.

Vers 11h, un 4×4 noir se gare à proximité. Il nous semble suspect et nous décidons de lever le camp, sans nous presser pour ne pas avoir l’air suspect. Pendant que je m’habille, l’un des nouveaux arrivant s’approche de nous pour se rendre au bunker. Il engage la conversation et nous lui faisons comprendre que nous ne sommes que deux touristes. La banquette arrière est remplie de sacs militaires, on distingue des éléments camouflés, Loky pense que nous sommes découverts, je me convainc du contraire.

Dommage pour le bunker qui était sur notre liste des sites mineurs, nous partons visiter les autres. J’ai repéré une bergerie au nord de la zone, notre prochaine étape. Au dessus du village de St Dalmas, nous apercevons au loin un campement, nous allons devoir le traverser. Il est composé d’une groupement de tente dont une grande saharienne bleue sur la droite de la route et d’un attroupement d’hommes en treillis autour d’une jeep sur la gauche. Cette fois-ci c’est sûr, nous allons être repérés.

Nous traversons pied au plancher, casquettes vissées sur la tête, lunettes de soleil et le visage en partie masqué par nos barbes. Un regard furtif dans le retroviseur me confirme que nous sommes l’objet de toutes les attentions. J’ai formellement identifié un criminel de guerre du nom d’Olivianov que j’étais déjà venu traquer sans succès dans la région. Les choses se présentent mal.

Nous poursuivons notre route jusqu’à la bergerie qui s’avère inaccessible, la route étant bloquée par la neige. Loky a toutefois mémorisé le dénivellé nécessaire pour l’atteindre, nous profitons de notre point de vue surelevé pour faire un tour d’horizon des différents sites notés sur la carte.

Nous sommes sur le versant nord de la vallée, devant nous se trouvent les quatres villages étalés d’est en ouest et en face de nous se trouve le versant sud. C’est vertical, les découverts sont nombreux et mineraux.

Le réservoir de notre véhicule est presque vide, il est temps d’aller faire le plein dans la vallée voisine où se trouve la pompe à essence la plus proche. Mais cela signifie repasse devant le camp de la Red Star qui est toujours occupé. Lors de notre passage, je jurerai qu’Olivianov nous a pris en photo avec son téléphone mais rien ne permet de le confirmer. De plus, l’immatriculation du véhicule ne correspond pas à celle de nos fausses identités. D’un autre coté, deux barbus pas du coin qui partent dans une voie « sans issue » dans une région sauvage et hostile, c’est soit pour tourner un remake de Brokeback Mountain, soit l’autre solution.

Arrivée à St Martin Vésubie vers 14h, nous faisons le plein et en profitons pour nous restaurer. Une pizza cuite au feu de bois, un dernier tour aux commodités et nous repartons pour St Dalmas. Nous visitons les autres sites mineurs et décidons de retourner à St Dalmas faire des courses. J’en profite pour faire découvrir le village à pied à mon binome.

Nous achetons plus d’un kilo de charcuterie, quelques baguettes, des rillettes, du fromages puis partons rejoindre notre point de station.

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C’est un grand dégagement au bord de la route, devant une maison abandonné. L’endroit est désert mais la circulation est dense, nous hésitons à nous déporter à quelques kilomètres. Je sors du véhicule pour explorer les environs et trouve d’anciennes dépendances de la maison en contrebas, à l’abri de la route et du barrage hydroéléctrique.

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Parfait ! Nous allons pouvoir finaliser nos paquetages en toute discrétion. Le coffre de notre véhicule est une véritable armurerie et nous décidons d’un emport en armement plus léger que celui prévu initialement. Loky partira avec son fusil de précision compacte et son PA, j’emporterai pour ma part un fusil d’assaut et un PA. Compte tenu du terrain, Loky renonce a s’encombrer d’une triple dotation.

Nous faisons une petite sieste puis savourons un dernier festin avant le début de la mission.

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La nuit tombe et nous en profitons pour nous équiper, l’heure de notre insertion approche. A 20:00, nous recevons par SMS les coordonnées de notre point d’insertion. Je déplie la carte sur le capot du véhicule et cherche ma boussole dans les poches de ma smock.

Première douche froide, je n’ai pas de boussole. Pire encore, Loky m’avait prévenu durant le trajet qu’il avait oublié la sienne. Nous allons donc devoir naviguer avec la boussole bouton de mon sifflet de survie. Je déchiffre les coordonées à bisto de nas et les entre en même temps dans mon GPS. Je sais à peu près où nous allons, le GPS se chargera des finitions.

Nous partons pied au plancher et après vingt cinq minutes de trajet, nous arrivons à La Bolline où un strobe sur notre droite nous invite à nous garer. A peine le temps de descendre qu’un partisan nous prend à part, il nous demande de prouver notre idenditité et je lui remet un objet destiné à Minovitch, l’un de leurs chefs. En retour, il nous invite à rejoindre un compère stationné en contrebas. Ils ne cèssent de crier qu’ils ne le sentent pas, que la situation est foireuse, nous sommes sous pression. Le second contact nous donne une liasse de billet envellopée et nous demande de l’apporter le lendemain matin à 7:00 au coordonnées écrites dessus. A peine le temps de ranger l’enveloppe dans une poche qu’il nous invite à déguerpir.

Nous nous replions sur la rivière qui coule à proximité et une fois allongés par terre, nous examinons la carte à la recherche de notre itinéraire. Le point se situe sur le versant nord, au dessus de La Colmiane. Ce dernier village le village de la station de ski.

Nous devons au maximum éviter de traverser les villages, deux hommes en treillis et armés jusqu’aux dents pourraient effrayer les locaux et ils pourraient être tentés d’appeler la force paramilitaire locale. Nous décidons donc de remonter le village de La Bolline par sa rivière. L’idée semble brillante jusqu’au moment où nous décidons de remonter, je n’ai pas encore enfilé mes gants et c’est plein de ronces, qui s’accrochent également mon équipement. J’atteins la route avec difficulté. Nous finissons a pied les quelques mètres qui nous reste à faire avant de prendre un petit pont et de disparaitre dans l’obscurité.

Nous sommes dans le noir mais notre progression est bruyante. Le sol est recouvert de feuilles mortes et nous nous accrochons dans la végétation. Cette situation est très stressante, nous venons juste d’être insérés dans la zone hostile et nous progressons trop lentement. Nous entendons un autre binome être inséré sur le même point. Nous continuons, arrivons au dessus de jardins, faisons demi tour, nous posons des questions, un troisième binôme est inséré et des coups de feu retentissent. Nous nous jetons au sol et mon pouce se rapproche de mon sélecteur de tir.

Il faut se remettre en mouvement, nous sommes en retard. Quelques dizaines de mètres plus loin, nous sommes à nouveau bloqués entre La Bolline et La Roche. Un bruit se fait entendre au dessus de nous, je me retourne et passe mon sélecteur sur « automatique ». Au moindre doute, je transforme le massif de buisson en gruyère. La tension est à son comble, nous n’avons parcourus qu’un kilomètre, peut-être moins et nous sommes déjà en danger. Après quelques minutes d’un silence glacial, nous nous levons sans un mot et partons.

Pas le choix, il va falloir couper à travers La Roche si nous voulons nous en sortir. Nous progressons en tiroir dans les ruelles et sommes plusieurs fois contraints de nous jeter sur le bas coté lors du passage de véhicules. La dernière fois, Loky reste pendu à un mur et je dois l’aider à remonter.

A ce stade, il me parait important de préciser que Loky pense avoir une côte fêlée depuis une chute à ski quelques jours auparavant. Entre mon entorse à l’orteil que j’ai abondamment strappé et sa cote, nous formons vraiment un binôme de bras cassés.

Nous arrivons jusqu’à une fontaine, nous cachons dans une ruelle avoisinante et buvons avant de refaire le plein. Il est ensuite temps de continuer notre route vers l’est. A la sortie du village, nous tombons sur un parking avec plusieurs véhicules immatriculés dans les pays de l’ancien bloc soviétique. Nous sommes sur le parking de la SMP, décidément nous enchainons les gaffes.

Quelques mètres plus loin, nous trouvons un chemin qui part dans la montagne et décidons de l’emprunter sans avoir besoin de nous concerter. L’objectif est de monter sur le versant jusqu’à la hauteur de notre objectif puis se suivre la courbe de niveau sur plusieurs kilomètres.

Nous progressons sur ce qui semble d’abord être un chemin puis s’avère n’être qu’une piste pour animaux. Celle-ci se dirige vers des lacets que nous allons devoir croiser. La lune éclaire très bien la vallée et nous faisons des proies faciles pour du matériel de vision nocturne ou thermique. Je chasse cette pensée de mon esprit et continue l’ascension.

Arrivés aux lacets, nous envisageons de tricher en prenant la route. Mais sur notre gauche, nous entendons des bruits et notre instinct reprend le dessus, nous traversons la route et commençons l’ascension du talus. Une dizaine de mètre plus haut, nous recroisons la route et alors que nous nous relevons, nous apercevons deux silouhettes au bout du lacet.

Nous nous terrons dans le bas coté et décidons de leur tendre une embuscade. Mais personne ne vient, ils ont du flairer notre plan très grossier et prendre un autre itinéraire. Nous traversons la route et attaquons le talus suivant puis encore le suivant et ce jusqu’au dernier. De là, nous prenons la route sur quelques dizaines de mètres avant de nous enfoncer dans les bois. Nous sommes presque à la bonne altitude, nous n’avons qu’à suivre la courbe de niveau.

Cela s’avère beaucoup plus facile à dire qu’à faire. Premièrement, mon manque d’entrainement se fait ressentir. J’ai de grandes difficultés à respirer normalement dans l’effort et je dois faire des pauses courtes mais fréquentes. C’est dur à encaisser pour un montagnard et Loky me chambre allégrement sur le sujet. Deuxièmement, nous alternons entre pierriers et bloc de forêts très denses. Notre progression est très lente et Loky qui garde un oeil sur la montre m’indique que nous sommes loin d’être en avance.

Nous décidons donc de mettre un grand coup de collier et je me répète mentalement que j’aurais toute la mort pour dormir. Nous longeons la route située en contrebas sur laquelle patrouillent des personnels de la Red Star. Ils ne sont qu’à une soixantaine de mètres de nous et les bruits sont distincts, nous supposons que les notres aussi et avançons à pas de loup. Mais une falaise nous barre la route et il est hors de question d’improviser un rappel dans ces conditions. Nous descendons au plus près de la patrouille et passons sans encombre mais non sans stress.

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La falaise nous a forcé à descendre sur la route alors que nous pensions progresser plus haut. Cela contrarie fortement nos plans. Nous continuons notre progression, presque à découvert. Il y a un chien qui aboie plus loin, nous pensons qu’il a repéré un autre binome mais aussi qu’il va certainement nous repérer. Pas le choix, il faudra aller vite et avoir déguerpi avant que la patrouille finisse par s’agacer et venir voir.

Il y a des chalets plus hauts et nous décidons de passer à travers les clôtures pour bénéficier d’une relative protection, les propriétaires terriens tirent généralement moins vite et moins bien que d’anciens spetnazs. Nous marchons depuis plusieurs heures et j’ai fini par négliger mon hydration, cela rend la tâche encore plus pénible et Loky est amené à prendre plus de décisions par ma faute.

Nous arrivons près de la route qui amène à La Colmiane. Nous comptions arriver au dessus de la station mais le terrain en a décidé autrement. A proximité d’une aire de repos, nous entendons des bruits et sommes découvert par un binome belge qui nous apostrophe d’une manière assez virulente. Nous les rejoignons et échangeons rapidement, ils ne semblent pas fatigués et vont tirer droit sur la station via la route.

Progresser en bord de route nous semble risqué et Loky insiste pour arriver par au dessus. Nous plongeons dans les bois et commençons à grimper lorsque je me fige. A travers un relatif faisceau lumineux, je distingue une silhouette assez nettement. J’en informe gestuellement mon binôme quand des bruits de pas retentissent sur la droite. La tension remonte instantanément et agrippe fermement mon fusil. Soudain, j’entends des pas sur ma gauche et je distingue une autre silhouette, la première n’ayant pas bougée, ils sont trois. Ce n’est donc pas un autre binôme et ils ne sont certainement pas venus nous escorter à bon port. Je recule lentement et arrivé à hauteur de Loky nous décrochons brutalement en dévalant le talus avant de dérouler un tube arrière sur la route. Quelques centaines de mètres plus loin, nous atteignons presque la station.

Elle est derrière le virage et nous décidons de tenter notre chance juste avant. Nous nous abritons derrière un transformateur EDF … d’où nous entendons les belges qui sont tout près. Un troisième binome arrive au même endroit, nous décidons qu’il est temps de filer. On peut accéder à la station en faisant un peu d’escalade juste au dessus de notre position, Loky n’est pas très chaud mais j’arrive à le convaincre que traverser la station est sans danger. Une fois dedans, nous sommes à découvert, en pleine lumière mais pas de mercenaires russe à l’horizon et les résidences semblent désertes.

Il est tard et nous ne sommes que deux fantômes dans la nuit. Nous progressons rapidement dans les ruelles et arrivons dans des résidences situées dans les bois. L’obscurité est de nouveau notre alliée et nous filons entre les arbres quand quelqu’un nous appelle. Je reconnais la voix d’un membre d’un collègue et nous stoppons notre progression. Alors que je dois faire des efforts conséquents, mon moral prend un coup quand je constate qu’ils ont l’air frais comme des gardons.

Les retrouvailles sont de courtes durées, un puissant faisceau de lampe torche déchire la nuit et nous nous jetons à terre dans un reflex reptilien. La lumière disparait et nous entendons des bruits de pas. L’un de membres de l’autre binôme recule de quelques mètres pour éviter un contournement et les trois autres restent en ligne, cachés derrière des arbres.

Il doit être 4h et c’est la deuxième patrouille que nous croisons de trop près en moins d’une heure. Hors de question de nous arrêter maintenant ! Je distingue une autre silhouette qui progresse dans la direction, entre 30 et 40 mètres plus bas. J’informe les autres et la mets en joue. Aucun coup de lampe depuis plusieurs minutes, les patrouilleurs ne semblent pas décidés à monter jusqu’à nous, voilà une opportunité de prendre la poudre d’escampette.

Un tube arrière et deux cent mètres plus loin, nous voilà à nouveau hors de danger. Nous sommes juste sous notre objectif, le GPS indique 570m au sol et la carte rajoute elle près de 100m de denivellé positif. Loky me presse pour dormir sur le point de rendez-vous, je lutte pour le suivre. Notre route se séparer de celle de l’autre binôme qui ne semble pas aller au même endroit que nous.

Les dernières portions sont les plus dures, je fais des pauses tous les quelques mètres sous les railleries de Loky qui essaie de provoquer une réaction de fierté à ce qu’il me reste d’amour propre. Et bon an mal an, j’arrive sur la route qui conduit à notre objectif. Arrivés à 70m, nous descendons légèrement et nous établissons un campement de fortune pour une paire d’heure.

J’étale mon poncho au sol pour me protéger du froid et de l’humidité, j’enfile une polaire et pose ma smock sur moi comme une couverture. Le reste de mon équipement est soigneusement posé à coté, prêt pour lever le camp en moins d’une minute. La nuit est fraiche et je suis accroupi à flanc de montagne mais j’arrive quand même à m’endormir.

Le lever du soleil me réchauffe le visage et je sors de ma torpeur. Il fait encore frais et j’essaie de m’échauffer sans trop gigoter pour éviter de me faire repérer. Un autre binôme a passé la nuit sur notre droite, à une cinquantaine de mètres. Sur le coup, je pense qu’il s’agit du binôme en multicam croisé un peu plus bas.

Quelques minutes avant l’heure, nous remettons les sacs sur nos épaules, sortons la liasse et nous dirigeons prudemment vers le lieux de rendez-vous, qui s’avère être désert. Nous poursuivons vers un virage en épingle situé un peu plus loin et trouvons deux locaux. Notre approche est furtive et ils ne nous repèrent qu’à une vingtaine de mètres, je leur intime l’ordre de se coucher tout en gardant un oeil sur les environs. Mon équipier les fouilles puis entame une conversation quelque peu glaciale.

Nous leur faisons remarquer qu’ils sont en retard et au mauvais endroit, leur remettons l’argent et ils nous tendent un papier plié avant de disparaitre.

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C’est écrit dans un français approximatif et Loky semble avoir beaucoup de mal à comprendre le message. Tant que nous ne sommes pas d’accord sur la traduction, nous continuons à échanger jusqu’à arriver au même point de vue.

Nous savons où et quand nous aurons l’occasion d’éliminer notre cible mais pas à quoi elle ressemble. Cette information nous sera communiquée dans la journée et en attendant, il est inutile de partir sur le pas de tir qui est situé sur le versant Sud. Nous décidons de retourner vers St Dalmas qui est au milieu de la zone d’opération, ne sachant pas encore où nous devrons récupérer l’identité de la cible.

En redescendant sur la zone où nous avons rencontrés la patrouille armée d’une lampe torche, nous trouvons une polaire au sol. De qualité militaire, ce n’est pas un touriste qui l’a oublié là. Conscient qu’il pourrait s’agir d’un piège, mon partenaire la soulève précautionneusement pendant que je surveille les alentours. RAS, c’est juste une polaire qui doit manquer à son propriétaire et va faire un nouvel heureux, Loky qui est venu en montagne sans vêtements grand froid. Je la fourre dans son sac et nous nous évanouissons dans le décors.

Au milieu de nul part et avec un superbe vue sur le versant sud, nous decidons de bivouaquer quelques heures jusqu’à recevoir notre prochain objectif. Le campement de la Red Star aperçu le premier jour est également visible au loin, nous pourrons garder un oeil dessus. Nous en profitons pour manger chaud et quelques rondelles de saucisson viennent parachever ce repas. Puis nous nous endormons.

Quand le reveil sonne, une légère pluie s’abat sur nous et je protège mon campement de fortune avant de m’habiller. Nous nous regroupons en attendant le SMS qui nous indiquera nos prochaines coordonnées et lorsqu’il arrive, nous nous félicitons d’avoir eut le nez creux. La boite à lettre morte se trouve à St Dalmas, à deux kilomètres et demi de notre position, en contrebas.

Pas d’effort supplémentaire à fournir, nous avons plusieurs heures avant le rendez-vous fixé entre 20:30 et 20:45. La nuit sera une fois de plus notre alliée, tout cela se goupille bien. La boite à lettre se trouve sur notre route pour rejoindre le pas de tir, nous décidons de traverser le village et de nous y rendre dès l’information en notre possession.

Arrivés à un kilomètre pile de l’objectif, nous nous arretons. En lisière des bois, il n’est pas possible d’avancer plus tant que le soleil sera de la partie. Nous faisons donc une longue pause et en profitons pour continuer notre dégustation de saucissons.

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Un véhicule s’arrête un peu plus bas et des hommes armés viennent récupérer du bois, nous avons bien fait de rester en retrait. Une fois le véhicule partit, nous nous rapprochons de la route.

La nuit commence à tomber et l’heure approche. Nous allons devoir traverser quelques routes et nous cachons nos armes. Loky dispose d’un emplacement dans son sac à dos, je dois me contenter de percer deux sacs poubelles pour y faire passer la sangle de son fusil. La SMP traverse régulièrement le village et deux hommes armés de plus ou de moins ne devraient pas y changer grand chose. De toute façon, nous n’avons pas le choix, le colis est au milieu du village.

Au moment de sauter sur la route, je suis un peu court et un rocher effleure indélicatement mon coccyx. La douleur est intense et je serre les dents pour ne pas crier au moment où mes pieds touchent le sol. J’essaie de savoir si le pantalon est amoché mais les gants m’empêchent de ressentir un accro. La vérité est quelque peu differente, le trou mesure 25 cm et mon gant s’y engouffre littéralement. En l’enlevant, je sens que du sang s’apprête à sécher sur mon caleçon. La suite de l’opération va être compliquée, j’ai très mal et mon moral vient de s’écorner une fois de plus.

Loky vient constater l’ampleur des dégats, se moque de moi et nous repartons. Nous sommes si prêt du but que je me préoccuperai de cette histoire de deuxième trou du cul plus tard. Nous quittons la route aussi souvent que possible et slalomons entre les propriétés privées et les ruelles. Arrivés sur le point, nous avons une légère avance, que nous mettons à profit pour recharger en eau à la fontaine de la place du village

Cachés derrière la fontaine, je suis sur le point de passer le bras par dessus pour recharger discrètement quand Loky m’informe qu’il y a un robinet à l’arrière du monument. Il recharge donc les bouteilles que je lui fait passer, j’en profite pour les ranger dans son sac et le mien pendant qu’il assure le remplissage. Quatre litres en moins de trois minutes, ce fut bref et efficace.

Le GPS confirme ce que je pensai, la cible est le point d’eau du parking situé sous l’église.

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Il nous faut parcourir quarante mètres à découvert et traverser la route principale avant de nous jeter dans les escaliers, parcourir encore une petite distance, récupérer l’information et disparaitre. Nous comptons jusqu’à trois, au moment de sortir une voiture se fait entendre, nous attendons qu’elle passe et sprintons jusqu’à l’escalier.

Ma fesse me fait mal et j’arrive légèrement après mon binôme. Dans les escaliers se trouvent deux hommes avec des gilets pare-balles, le plus petit coiffé d’un bonnet nous lance :
– Vous allez en soirée ?
– On doit aller à la même, lui répond Loky, persuadé d’avoir à faire à un partisan.
– Et vous allez en soirée avec des flingues ?

La situation dégénère, je me rend compte que la grosse coupure sur mon arrière train occupe plus mon esprit que ce qu’elle ne le devrait et j’assiste impuissant à la scène. Le temps que j’essaie de prononcer la moindre mot, mon partenaire a sortit son pistolet, le type au bonnet aussi et l’autre hostile me regarde d’un oeil très mauvais.

En arrière plan, près de l’endroit où doit se trouver la boite à lettre, se trouve un troisième homme qui semble porter un fusil d’assaut. Dans le même mouvement, je peux sortir mon arme située dans une poche à droite de mon gilet et abattre les deux geneurs. En attrapant la dépouille encore chaude et débout de celui devant moi, je devrais pouvoir m’en servir comme couvert pour engager le troisième avec l’appui de Loky. Je prends une fraction de seconde pour visualiser la scène avant d’agir.

Je dégaine, presse la détente et rien ne se passe. Sous l’effet du stress, j’ai oublié que j’ai pas emporté mon pistolet Glock favori mais un autre modèle équipé d’un silencieux. Le Glock a la particularité d’avoir une double queue de détente comme seule sécurité alors que mon pistolet du jour dispose d’un cran de sureté traditionnel. Oublier ce détail sera ma dernière erreur.

Dans l’instant suivant, le second russe a dégainé son arme et nous voilà comme quatre gangsters dans une ruelle en train de crier :
– Pose ton flingue !
– Non toi pose ton flingue !
– Je vais te buter ! Posez vos flingues !

Dans un ultime espoir que cette embuscade nous ai été tendue dans le but de nous capturer, nous abaissons nos armes et le type de plus proche de Loky pousse l’arme de ce dernier au sol. Puis plusieurs détonations retentissent derrière nous. Un quatrième mercenaire vient de nous descendre dans une ruelle sombre d’un village perdu dans la montagne, à quelques mètres de notre objectif.

FINEX pour le binome Charlie.

Voici un résumé de notre itinéraire :

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Ces 24h au Valdebloritstan auront été à la hauteur de leur réputation. Nous avons commis plusieurs erreurs qui au final se sont avérées éliminatoires et après examen médical, ma blessure ne m’aurait jamais permit de finir le Trophée de la Plume Blanche. L’élimination sur une phase de rôle play après seulement 24h est resté difficile à accepter pendant un moment mais j’ai fini par en tirer de nombreux enseignements de cette OP et j’espère bien être de retour l’an prochain pour vaincre mes maudites montagnes.

Nous aurions pu nous en tirer même en treillis en brodant une belle histoire de touristes chasseurs, si nous avions déposé nos sacs. Mais nous n’avons pas anticipés cette éventualité et j’ai été bien trop lent à réagir lorsque la situation s’est gâtée. On apprend beaucoup plus de ses défaites que de ses victoires dit le proverbe et je partage cette idée.

Un grand merci à tout le staff de BSO Games ainsi qu’à celui qui se fit un jour appeler Olivianov pour avoir permit ceci.

– Ariegeboy, du Groupe Garonne –

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One Response to Retex du Trophée de La Plume Blanche 2015

    skavenger says:

    Merci pour ce retex riche en détails qui me permettra j’espère de m’améliorer pour affronter les challenges à venir ^^

    Bises sur la fesse qui va bien Smilie: ;)

    Ska

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