CHEYENNE TACTICAL EVENT : Feedback de Renan

Après le feedback de Sebastos posté hier, on continue notre série de retex du Cheyenne Tactical Event avec le récit volontairement romancé de Renan dit Plantigrade, spotter de Mossy dans cette OP. C’est le binôme qui a réussi le plus long tir de l’Event avec un shoot réussi à 68m, malheureusement pas assez précis pour remporter le trophée.

Opération « Cheyenne Tactical Event »

Sniper: Jean a.k.a Mossyoak
Spoter: Renan a.k.a Plantigrade

Vendredi 22 juin, aux alentours de midi, dans une petite maison reculée d’un petit village du Gard, niché entre deux falaises.
La journée s’annonce chaude alors que je charge méthodiquement mon matériel dans ma petite voiture civile afin de rejoindre le point de rendez-vous d’où partira le convoi qui devra me mener sur la FOB des abeilles.
Mon partenaire habituel retenu en Angleterre pour raison familiale ne sera pas avec moi cette fois-ci. Je devrais escorter un civil bien connue du leader de mon unité. Un tireur d’exception. mon rôle se bornera a l’assister pour qu’il puisse en toute quiétude, loger une balle dans le cœur de notre future cible…
Je n’aime pas travailler a l’improviste avec quelqu’un que je ne connais que de loin mais, baste, il faudra faire avec…

14h45, il est temps de partir, je monte dans mon véhicule avec ma compagne pour rejoindre le point de rendez-vous, le parking d’un fast-food situé sur le trajet d’une autoroute. Cette fois-ci, j’y suis, plus moyen de reculer, il faudra aller jusqu’au bout. Depuis que j’ai rejoint l’unité IRBIS affilié a Philanthropy, c’est ma première mission hors cadre. Espérons que tout se passe bien…

15h30, le combi gris métallisé de mon sniper entre dans le parking, il ne nous faut que quelque minute pour charger mon matériel et faire connaissance avec la fine équipe présente. Deux autres binômes nous accompagnent ainsi qu’un sniper isolé qui sera rejoins par son spoter une fois sur place. J’embrasse une dernière fois ma compagne avant de monter a bord et de partir vers l’inconnu…

19h30, on peut dire que ça commence bien… Un embouteillage nous a retenu pendant deux heures et la fatigue qui s’en suit n’arrange pas les choses. Sur le parking de la FOB, deux opérateurs nous attendent et nous accueillent! Je reconnais aussi un ex-collègue rencontré sur une mission qui s’était très mal passée. Juste le temps de dire bonjours et un premier convoie est acheminé en combi sur zone. Moins d’une heure plus tard, c’est notre tour a Jean et a moi. Nous montons a bord d’une vielle Willis après avoir chargé nos affaire en remorque. L’assention prendra une vingtaine de minute.

20h30, mon campement est monté. Je me suis équipé et ai pu engager la conversation avec d’autre binômes présent pour cette mission d’un genre particulier. Abattre presque simultanément les 15 leader d’une organisation terroriste voulant se doter de la bombe. Il n’y a pas deux équipe de la même nationalité. Tout ceci ressemble fortement a une tentative étasunienne de masquer leur ingérences dans la politique Iranienne… Assis devant ma tente, pied nu dans l’herbe, je me restaure tout en réfléchissant a ce que tout ceci implique…

22h peut-être un peu plus… Le leader sur la zone nous convie a un petit pré-briefing accompagné d’un verre. Le doute m’étreint, je prétexte de chercher quelque chose dans ma tente avant de glisser dans ma poche mon colt 25 chargé. On est jamais trop prudent. Le briefing nous réserve une surprise, l’opération n’aura pas lieu sur sol Iranien comme prévu mais dans différents pays de l’OTAN où les services de renseignement ont mis à jour un vaste complot visant a mettre en avant l’illégitimité de la présence des forces étasuniennes au moyen orient. Notre mission est de faire tomber les têtes des leader! Si cela ne choque pas mon sniper, ça me gène personnellement… Mais trop tard pour se rétracter, mes supérieurs ont décidé de prêter main forte a cette opération, je suis sous leurs ordres a présent.

23h30, il est temps de s’excuser pour aller se reposer. Je dois être près et en mesure de a 2h30, je me prévois un levé a 2h pour prendre le temps de m’équiper. Le temps de revoir mon paquetage et grailler mes chargeurs, je m’allonge sur mon matelas enroulé dans mon duvet et ne tarde pas a m’endormir d’un sommeil entre-coupé de courte période de veille…

Samedi 23 Juin, FOB des abeilles, 2h du matin. Cette fois il est temps, je sors de ma tente et m’équipe rapidement. Je termine la révision de mon matériel par un maquillage faciale avant de coiffer mon béret rouge (une façon habile de tromper d’éventuels observateur sur ma nationalité et mon origine) et de fixer mon AWSM a sa sangle. Je termine a peine ma préparation que le rassemblement est donné. Un dernier briefing et nous sommes embraqués dans les Black-hawk pour un largage en règle. Je me fais la réflexion que notre appareil semble quelque peu vétuste, impression confirmé quelques kilomètre plus loin quand une panne de turbine nous obligera a nous arrêter pour réparer. Pendant les 2h que durerons le vol, le plus dur ne sera pas le stress mais les goût musicaux du pilote.

6h20, les patins de notre appareil touche le sol et nous jaillissons de la carlingue vrombissante, au moins aussi content d’échapper au secousse de l’engin hors d’âge qu’au bellement de Claude François (qu’il croupisse un milliard d’année dans le cloaque des enfer…Smilie: ;). Notre agent de liaison nous confie notre ordre de mission sous pli scellé.
Mon sniper et moi descendons a couvert d’un chemin et prenons le temps d’en étudier le contenu. Entre 10h20 et 10h24, il nous faudra être en vue de notre objectif situé a 9km a vol d’oiseau. J’étudie la carte pour proposer a mon partenaire un itinéraire que j’estime « sûr » en lui faisant par de mes soupçons sur d’éventuels points de contrôles. Notre itinéraire devrait nous amener près d’une fontaine, je décide donc d’alléger mon paquetage d’un litre d’eau. Il m’en restera 2 pour la distance que je vais avoir a faire, c’est peu, mais suffisant!

6h40, nous nous mettons en route. Par chance, notre trajet se fera principalement en dénivelé négatif. Nous nous engageons dans la pente et je ne tarde pas a réaliser que mon partenaire, chasseurs de profession, est autrement plus a l’aise que moi sur ce terrain. Je lui laisse donc la main et me borne a protéger ses arrières. Nous n’avons pas fait 300m qu’un mouvement sur une route que nous devons traversé nous attire l’oeil. Nous nous fixons et attendons… Il s’agit d’un binôme russe, déambulant sans gène en plein milieu du chemin. Mossy et moi échangeons un regard de connivence avant de reprendre notre chemin.

9h13, nous avons parcouru 2km200 quand nous décidons de faire une pose topographique. J’en profite pour noter notre position, notre progression et notre horaire de passage. La suite du déplacement vas nous obliger a longer des sentier et des chemins forestier de très près et même d’en traverser quelques uns. Devant l’absence d’opposition notable, nous décidons d’accélérer le rythme et d’avance de façon plus « brutale ».

10h00, le choix semble judicieux, nous entendons régulièrement un troupeau et son berger au loin qui semble prendre a peu près la même direction que nous. C’est couvert par le bellement des brebis que nous progressons.

10h45, nous sommes en vue de la difficulté de cet itinéraire. Une départementale sur laquelle a lieu un rassemblement sportif, une course cycliste devant réunir plusieurs millier de personnes. Et, a l’oreille, il semble qu’il y ait des supporter pile a l’endroit que nous avions choisi pour traverser.
Nous progressons aux aguets et nous stoppons a 20m du bord de la route qui est fond d’une combe.
La difficulté n’est pas d’identifier les coureurs qui descende, que l’on entend parfaitement arriver, mais d’identifier ceux qui remonte qui sont, eux, épuisé mais inaudible. Après un temps d’observation nous décidons simplement de traverser en courant. Sitôt décidé, sitôt fait. La traversée se fait sans la moindre anicroche.
13h30, nous ne somme plus qu’a 3km de notre dernière zone d’arrêt, située a 800m de notre pas de tir. Nous décidons de nous arrêter et de mettre a profit notre avance sur l’horaire pour se faire une bonne sieste après un bon repas. L’idée est aussi d’éviter les heures les plus chaudes. Je regrette finalement d’avoir lâché de l’eau sur notre zone de largage, je ne me sens pas aussi frais que je l’aurais souhaité…
Après avoir avalé ma ration du midi, je me débarrasse de mon matériel pendant que mon tireur accroche son hamac. Je m’allonge la tête sur ma ghillie, moustiquaire sur le visage et P226 en main, vigilant malgré la fatigue, je serais en alerte au moindre bruit suspect…
Y compris les ronflement de mon tireur!

16h30, nous nous remettons en route vers notre avant dernier objectif, la fontaine « Breyguette ».

18h00, cruelle désillusion, la fontaine est a sec. Je n’ai plus que 750ml d’eau, je vais avoir du mal…

19h30, nous sommes en vue de notre objectif, a moins de 1km500 de notre pas de tir. Et nous sommes devant une difficulté peu prévue. Une coupe franche dans une zone boisée qu’il nous faut traverser. Nous serons complètement a découvert et cela ne me plait absolument pas…
Mais quoiqu’il en soit, je prend les devant. J’allume ma radio sur canal 7, Mossy fait de même et je m’engage a découvert, vigilant, avec une avance de 200m. La traversée, une fois encore n’aura posé aucun soucis. De l’autre coté de la zone déboisé je lance un « Secteur Clear » a mon tireur qui me rejoint rapidement. Nous décidons de trouver une zone boisée dense où nous enterrer jusqu’à demain matin. Le départ sera donné a 4h30 pour finir notre approche dans le feutré!

20h30, une micro-clairière nous offre 3 pins où s’adosser ou pendre son hamac selon le cas. Je prépare une ration chaude pour deux que nous mangeons avec plaisir. La bouffe chaude, ça fait vraiment du bien au moral. J’entreprends ensuite de m’équiper de ma ghillie pendant que mon tireur végétalise son poncho. Je dormirais allonger sur le ventre, P226 au poing…

Dimanche 24 juin, a 800m de l’objectif final, 1h00 du matin, impossible de fermer l’œil. entre les bruit des patrouilles pas loin et une envie de pisser modèle grand format, la nuit est très loin de ce que j’avais pu espérer…

3h00, je crois que c’est le problème le plus gênant que j’ai pu vivre… Une envie de pisser a s’arracher les c******* mais être incapable de parvenir a la satisfaire! Je ne le souhaite pas même a mon prie ennemis…

4h00, il est temps de se préparer a partir. Un dernier effort mental digne d’un fakir ou d’un moine zen me permet de régler mon problème tuyauterie! C’est l’esprit libre et la vessie alléger que je vais pouvoir monter au feu!

4h30, nous entamons les dernier 800m qui nous sépare de notre pas de tir. Jamais vu une forêt aussi dense et aussi croustillante! Les aiguilles, les branches mortes et les pomme de pins croustillent comme un plein sac de céréal. Une horreur…

5h45, nous contournons un binôme avant de voir, par une trouée, une clairière où flotte un drapeau américain.

6h00, nous nous choisissons un premier pas de tir a 67m de ce que nous supposons être la position de notre cible. Sous les directive de Mossy et malgré une panne de radio, j’entreprends de dégager le terrain pour que la ligne de tir soit la plus propre possible. Je reviens ensuite m’enterrer a coté de mon tireur. Je consulte les abaques et lui donne une première correction en fonction de la distance.

6h45, un véhicule de patrouille viens vérifier la zone. En l’observant, nous en déduisons qu’il nous faut changer notre axe de tir! nous risquons d’être dans le dos de la cible. Je passe devant pour sécuriser la zone. A peine ai-je fais 3 pas a découvert que le bruit caractéristique d’un moteur de jeep me paralyse. Je me courbe doucement sur un buisson et m’en remet a mon camouflage.
La jeep passe, je suis sain et sauf. Un petit sprint nous ramène a couvert par un passage de cailloux plus que sonore… J’ai l’impression de marcher sur un xylophone…

7h00 parvenu a l’inverse exacte de notre précédente position, mon sniper se choisi un nouvel axe de tir a 69m de sa cible. Comme précédemment, armé de mon seul P226, je dégage les branches et les herbes pour que la ligne de tir soit la plus propre possible. Il m’est impossible de spotter correctement la trajectoire, le tir se fera debout en appui sur le tronc d’un pin. Ce sera a Mossy de confirmer lui-même son impact, je veillerais a sa sécurité et a lui donner la correction grâce aux abaques. Nous enterrons nos a*mes sur le pas de tir avant de nous replier, d’une paire de mètre en arrière et de 6m sur la gauche. Nous nous enterrons sous un buissons et partageons les dernière réserve d’eau de mon tireur ce qui m’évite de me déshydrater complètement.

9h00 environs. Un bruit de pas me tire de ma somnolence. La main sur le P226, silencieux engagé, je me redresse très légèrement pour voir un individu a moins de 10m de moi, équipé d’un gilet tactique noir et d’un P90. Je pointe mon arme dans sa direction et un léger bruissement de feuille m’indique que Mossy fais de même…
Je suis presque sûr qu’il s’agit d’un ENI, mais j’attends confirmation. Je ne ferais feu que si je ne peu plus faire autrement. Le bonhomme est suivi d’un sniper en ghillie! Il s’agit donc d’un binôme. Mais ils ne nous ont toujours pas remarqué… Ils se rapproche même dangereusement de nous.
Le binôme fait un point topo a moins 1m50 de nous. Je pourrais le coller mon silencieux dans le cul juste en tendant le bras. Il finissent par s’éloigner pour choisir un autre poste de tir et d’observation…

10h00, il est temps de se mettre en place. Avec un luxe de précaution, nous rejoignons nos fusil,les dégageons de leurs gangue végétale et nous apprêtons à engager notre cible. Ma montre, synchronisée avec celle du Leader de la FOB des Abeilles devra servir de top de référence…

10h15, Mossyoak demande l’autorisation de se lever pour prendre sa ligne de tir, je sors les abaques de mon gilet ainsi que l’anémomètre et je lui donne l’autorisation. Le vent est trop faible dans le sous-bois pour être mesuré. Nous vérifions la distance et je lui redonne la mise au point. A 68m, elle est d’une minute.

10h17, Mossy me demande l’autorisation d’engager! Je lui réponds que je lui donnerais le top.

10h19, le coup de feu claque. Je regarde ahuri mon tireur! Mais qu’est ce qui lui est passé par la tête? « Mossyyy! Mais qu’est ce que tu as fais!?? » réponse de l’intéressé: « il est 21 a ma montre! »
Oui, mais pas a la mienne…

10h20, le premier coup de feu a froller la cible qui ne s’est rendu compte de rien, l’age sans doute… Le deuxième tir rate de peu la cible et le troisième vient la traverser de part en part. Je n’ai rien vu mais j’ai dans le réticule de ma lunette, un garde du corps qui nous cherche du regard.

10h23, Mossy se ré-accroupi en attendant que la situation se tasse…

10h24, les forces armées intervienne et les gardes du corps sont maîtrisé. Un responsable de l’administration nous contact! Ils veulent authentifier le tir! Je n’ai jamais été un grand fana de la bureaucratie.

11h00, la mission est un succès! Sur les 15 cibles désignée, toutes sauf 2 ont été abattues!
J’ai eue l’honneur de servir l’auteur du tir longue distance le plus éloigné de la cible avec 68m authentifié!

Le retour a ma vie normal se fera sans encombre, des images plein la tête…

Category(s): Évènements passés
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One Response to CHEYENNE TACTICAL EVENT : Feedback de Renan

    John le rouge says:

    Énorme

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